Après plusieurs mois de vives tensions, le village d’Elokaté, situé dans la sous-préfecture de Bingerville, peut enfin tourner la page d’un contentieux foncier qui avait divisé la communauté et paralysé les projets d’aménagement. Le Pôle pénal économique et financier (PPEF) a délivré, le lundi 15 septembre 2025, une ordonnance de main levée dans le dossier opposant les propriétaires terriens à la société AB Bulding, dirigée par M. Bamba Anzoumana. Cette décision judiciaire, assortie d’un protocole d’accord transactionnel homologué, marque un tournant décisif pour la paix sociale et le développement local.
Réunis autour du PDG de Zara Entreprise, N’guettia Kouassi Ange Pacôme, et du président du collectif des propriétaires terriens, Akouekou Bondah, les populations d’Elokaté ont salué une victoire qui symbolise à la fois la réconciliation et la consolidation de la sécurité juridique dans la zone. « Aujourd’hui, j’ai l’honneur de vous informer que le litige qui opposait les propriétaires terriens du village d’Elokaté, situé dans la sous-préfecture de Bingerville, à la société AB Bulding a connu un dénouement heureux, pour le bonheur de la communauté villageoise », a déclaré avec émotion M. N’guettia.
L’intervention déterminante du juge d’instruction
Cette issue a été rendue possible grâce à l’intervention déterminante du juge d’instruction Aboya K. Jean Claude, dont la rigueur et l’intégrité ont été largement reconnues. Sous son contrôle, un protocole d’accord transactionnel a été signé, permettant aux propriétaires terriens de recouvrer 60 % de leurs terres, contre 50 % initialement prévus.
Le collectif a tenu à exprimer sa reconnaissance envers le Ministère de la Justice pour avoir défendu les droits des plus faibles face aux intérêts financiers en jeu. Pour N’guettia Kouassi Ange Pacôme, cette décision « démontre l’impartialité et le professionnalisme de la justice ivoirienne », qui a su protéger la communauté villageoise plongée depuis longtemps dans l’incertitude.
L’ordonnance de main levée concerne également les mesures de contrôle judiciaire qui pesaient sur certains acteurs du dossier
L’ordonnance de main levée concerne également les mesures de contrôle judiciaire qui pesaient sur certains acteurs du dossier. Cette étape cruciale, associée à l’homologation officielle de l’accord, scelle la fin d’une procédure longue et éprouvante, mais surtout ouvre la voie à une réconciliation durable entre les parties.
Le protocole d’accord, fruit de négociations méticuleuses, repose sur un partage des lots issus d’une superficie de 530 hectares. Il offre désormais un cadre légal et sécurisé pour la reprise des activités de lotissement et pour l’accueil de nouveaux projets d’investissement.
Une nouvelle ère
« Aujourd’hui, une nouvelle ère s’ouvre et nous invitons les Ivoiriens à investir dans la région d’Elokaté », a lancé le PDG de Zara Entreprise, voyant dans cette résolution un levier pour stimuler l’économie locale et créer de nouvelles opportunités pour les habitants.
Au-delà de la restitution des terres, ce règlement est perçu comme une victoire morale et spirituelle. Les propriétaires terriens, à travers leurs représentants, n’ont pas manqué de rendre grâce au Tout-Puissant pour avoir permis une issue pacifique à un conflit qui risquait d’hypothéquer la cohésion du village.
La fin du litige foncier à Elokaté illustre l’importance de la médiation judiciaire dans la gestion des conflits fonciers en Côte d’Ivoire. Elle constitue aussi un signal fort en faveur de la sécurisation du foncier rural et de la protection des communautés villageoises, souvent fragilisées face aux promoteurs immobiliers.
Avec cette ordonnance, Elokaté s’engage sur la voie de la réconciliation, de la régularisation et de la pacification sociale. Désormais, l’attention se tourne vers l’avenir, avec la perspective de projets structurants capables de transformer le village et de renforcer son attractivité.



