04212026Headline:

CAP-CI et Front Commun unis, mais la stratégie de Gbagbo et Thiam intrigue

À moins de 18 jours de la présidentielle d’octobre 2025, la presse ivoirienne s’anime autour des appels à la mobilisation lancés par l’opposition et des tensions internes à ses rangs. Revue de presse.

C’est Notre Voie qui ouvre le bal. « Marche du 11 octobre prochain, Gbagbo et Thiam appellent à une forte mobilisation. » Le Front commun — coalition regroupant le PPA-CI de Laurent Gbagbo, le PDCI-RDA de Tidjane Thiam, GPS de Guillaume Soro et le FPI de Pascal Affi N’Guessan — a décidé de reporter au 11 octobre la marche initialement prévue le 4, après son interdiction par le Conseil national de sécurité. Le quotidien, proche de l’opposition, souligne l’unité retrouvée entre les deux candidats recalés, résolus à maintenir la pression sur le pouvoir.

“Dialogue et unité”

Le Nouveau Réveil évoque, lui, « un calme plat » à moins de trois semaines du scrutin, tout en soulignant que « les problèmes de fond demeurent ». Le journal rapporte une « rencontre d’échanges » entre les principales forces de l’opposition – le Front commun, la CAP-CI et les candidats recalés « tous engagés pour la même lutte ».

« Nous sommes au travail pour trouver des solutions idoines », y déclare son porte-parole, Sébastien Dano Djédjé, traduisant une volonté de coordination.

Même son de cloche à Dernière Heure Monde, qui note que la « CAP-CI et le Front commun harmonisent leurs positions », dans une démarche placée « sous le signe du dialogue et de l’unité », au siège du PDCI. Une tentative de cohésion alors que les frustrations montent chez les partisans exclus du processus électoral.

Il faut toutefois souligner que le Front commun, initié par le PPA-CI, se rapproche désormais de la CAP-CI – que le PPA-CI avait refusé d’intégrer à sa création – après le départ du Cojep de Blé Goudé et du MGC de Simone Gbagbo.

“Stratégie illisible”

C’est ce que semble mettre en évidence Le Sursaut qui adopte une approche plus critique. Sous le titre « La stratégie illisible de Thiam et de Gbagbo », le journal estime que « leurs militants sont pris en otage » par des calculs politiques. Le quotidien écrit que « la présidentielle d’octobre 2025 s’annonce sous le signe d’une tension feutrée » entre « la sérénité affichée du pouvoir et la colère de figures historiques recalées du scrutin ».

Mais selon Le Sursaut, la mise à l’écart de Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam par le Conseil constitutionnel ne surprend guère : « Ni Gbagbo ni Thiam ne pouvaient ignorer que leur éligibilité était compromise bien avant le dépôt des candidatures. » Pour le journal, les deux hommes endossent désormais « le rôle séduisant de résistants face à un régime présenté comme autoritaire », une posture « sans portée institutionnelle » mais lourde de conséquences politiques.

« Les militants, sincèrement attachés à leurs leaders, sont convaincus que l’État les a exclus pour les empêcher de gagner », poursuit le quotidien, avant de souligner que « cette posture radicalise les bases et détourne le débat du terrain programmatique vers celui de la rancœur ».

Dans ce climat électrique, les candidats retenus par le Conseil constitutionnel, Jean-Louis Billon, Simone Ehivet Gbagbo ou Ahoua Don Mello « avancent leurs candidatures avec discipline », rappelle le journal, tout en notant qu’ils sont parfois « stigmatisés » par leurs anciens alliés.

What Next?

Recent Articles