L’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, un nouveau président. Le samedi 17 janvier 2026, l’ex-Premier ministre Patrick Jérôme Achi a été élu à la tête de l’institution parlementaire, ouvrant ainsi une nouvelle page de la vie politique ivoirienne. Mais avant le verdict des urnes, un moment clé a retenu l’attention dans l’hémicycle : l’intervention remarquée de l’honorable Mamadou Touré, chargé de présenter le candidat du RHDP devant les députés.
Dans un discours soigneusement articulé, Mamadou Touré a posé le décor en rappelant le rôle central de l’ Assemblée nationale dans l’architecture institutionnelle du pays. « L’Assemblée nationale est le pilier de notre démocratie », a-t-il souligné, la présentant comme le lieu par excellence de l’expression de la pluralité politique, de l’élaboration de la loi et de la garantie de l’équilibre des pouvoirs. Un rappel opportun, dans un contexte régional et international marqué par des mutations sociales, économiques et sécuritaires profondes.
La plaidoirie en faveur de Patrick Achi
Pour le député du RHDP, le Parlement ivoirien a aujourd’hui besoin de trois qualités fondamentales à sa tête : la stabilité, l’autorité morale et la capacité à rassembler l’ensemble des sensibilités politiques. C’est sur ce triptyque que Mamadou Touré a bâti sa plaidoirie en faveur de Patrick Achi, qu’il a présenté comme l’homme de la situation.
Député depuis 2011, Patrick Jérôme Achi incarne, selon son défenseur, l’expérience de l’État acquise « au plus haut niveau », une culture éprouvée du dialogue et une capacité d’arbitrage guidée par le sens de l’intérêt général. Autant d’atouts jugés indispensables pour diriger une institution aussi stratégique que l’Assemblée nationale.
Membre du Présidium du RHDP, Patrick Achi a notamment présidé avec « brio » le deuxième congrès ordinaire du parti au pouvoir en juin 2025
Mamadou Touré n’a pas manqué de rappeler le parcours politique dense du candidat. Membre du Présidium du RHDP, Patrick Achi a notamment présidé avec « brio » le deuxième congrès ordinaire du parti au pouvoir en juin 2025. Ancien Premier ministre de mars 2021 à octobre 2023, il occupait encore récemment les fonctions de ministre d’État, conseiller spécial du Président de la République.
Avant cela, en tant que ministre d’État, secrétaire général de la Présidence de la République et secrétaire exécutif du Conseil national de politique économique, Patrick Achi a joué un rôle majeur dans la mise en œuvre de la « Vision 2030 » portée par le président Alassane Ouattara. Un engagement de long terme pour le développement du pays, renforcé par son passage au ministère des Infrastructures économiques entre 2000 et 2016, ainsi que par son action à la tête du Conseil régional de La Mé depuis 2013.
Une formation solide
Sur le plan professionnel, Mamadou Touré a tenu à souligner la solide formation et l’ouverture internationale du candidat. Patrick Achi a débuté sa carrière dans le secteur privé, au cabinet Arthur Andersen, avant d’intégrer l’administration publique en 1998 comme conseiller du Premier ministre Seydou Diarra, où il a piloté la réforme du secteur café-cacao. Il a également contribué à la réforme du secteur électrique en Côte d’Ivoire.
Universitaire accompli, Patrick Achi a été conférencier à la Kennedy School of Government de l’université Harvard et membre d’un groupe de conseillers de haut niveau chargé de réfléchir à la réforme de la Banque mondiale et du FMI à l’horizon 2050. Titulaire de diplômes prestigieux, notamment de Stanford, Supélec Paris, la Sorbonne et l’Université d’Abidjan-Cocody, il dispose d’un profil rare dans le paysage politique ivoirien.
Il connaît le fonctionnement réel de l’État, les équilibres politiques sensibles et les lignes rouges institutionnelles
« Il connaît le fonctionnement réel de l’État, les équilibres politiques sensibles et les lignes rouges institutionnelles », a insisté Mamadou Touré, convaincu que Patrick Achi a l’autorité naturelle pour diriger l’hémicycle et la crédibilité nécessaire pour dialoguer avec le gouvernement et les partenaires internationaux.
Le député du RHDP a lancé un appel solennel aux parlementaires, au-delà des clivages politiques, pour confier la présidence de l’Assemblée nationale à Patrick Jérôme Achi. Un appel visiblement entendu, puisque quelques instants plus tard, l’ancien Premier ministre était porté à la tête de l’institution pour la législature 2026-2030.



