Le géant minier chinois Zijin Mining frappe un grand coup en Afrique avec le rachat de plusieurs mines d’or au Mali, et en Éthiopie. Une opération de près de 28 milliards de yuans qui illustre la stratégie chinoise de sécurisation des ressources dans un contexte de prix record de l’or et d’incertitudes géopolitiques.
«L’Afrique est devenue le nouveau front stratégique de l’or» Avec l’acquisition d’Allied Gold pour 3,4 milliards d’euros, Zijin Mining confirme son ambition mondiale. Alors que l’or a franchi le seuil historique des 5000 dollars l’once, le groupe chinois entend profiter pleinement du boom des métaux précieux.
Expansion tous azimuts
Déjà présent en République démocratique du Congo et au Ghana, Zijin Mining renforce son empreinte africaine. Ses nouvelles acquisitions comprennent des mines en production au Mali et en Côte d’Ivoire, ainsi qu’un projet majeur en Éthiopie, attendu pour 2026. Cette stratégie vise à sécuriser des réserves à long terme et à consolider sa position parmi les leaders mondiaux de l’or et du cuivre. La flambée des prix de l’or, dopée par les tensions géopolitiques et la quête de valeurs refuges, crée un environnement propice à ce type d’opérations. Mais elle ravive aussi les débats sur la dépendance des pays producteurs vis-à-vis des investisseurs étrangers et sur les impacts environnementaux des activités minières. Pour les autorités canadiennes, qui ont durci le contrôle des investissements étrangers dans les ressources naturelles, le rachat d’Allied Gold par Zijin sera scruté de près. En Afrique, les gouvernements concernés y voient une opportunité économique, mais les ONG rappellent les risques sociaux et écologiques liés à l’exploitation intensive. «Le métal jaune attire les géants, mais il laisse souvent les peuples dans l’ombre.» a déclaré Dr. Konaté, économiste ivoirien.
Un contexte favorable mais sensible
Des voix locales s’élèvent également au Mali, certains syndicats miniers redoutent une pression accrue sur les travailleurs, tandis qu’en Côte d’Ivoire, des associations environnementales alertent sur la déforestation et la pollution des cours d’eau. Ces inquiétudes contrastent avec l’enthousiasme des autorités, qui espèrent des retombées fiscales et des créations d’emplois. Avec cette acquisition, la Chine envoie un signal clair, celle de revenir en force sur le marché mondial de l’or, et l’Afrique est l’un de ses terrains privilégiés. Reste à savoir si cette offensive profitera réellement aux économies locales ou si elle accentuera une dépendance déjà bien enracinée.



