La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, vient d’annoncer une baisse drastique du prix minimum garanti bord-champ pour la campagne intermédiaire de mars à août 2026.
Fixé à seulement 1 200 FCFA le kilogramme, ce tarif marque une chute de plus de 57% par rapport aux 2 800 FCFA appliqués lors de la campagne principale 2025-2026.
Une Décision Inattendue
Cette mesure intervient dans un marché international en repli, avec des stocks invendus accumulés et une volatilité des cours mondiaux. Après un record à 2 800 FCFA/kg lancé en octobre 2025 par le président Alassane Ouattara, les autorités ajustent à la baisse pour la mi-saison, anticipant une production accrue dès mars. Le Conseil café-cacao, chargé de la régulation, avance la campagne intermédiaire d’un mois pour mieux l’aligner sur les réalités économiques, passant d’un pic subventionné à un niveau plus soutenable.
Impacts sur les Producteurs
Les planteurs ivoiriens, qui dépendent à 45% de l’offre mondiale de cacao, risquent une perte de revenus massive. Des estimations évoquent un prix effectif entre 800 et 1 000 FCFA/kg dans certains scénarios, alourdissant les charges de l’État qui subventionnait jusqu’à 2 200 FCFA/kg auparavant. Cette décision pourrait freiner la contrebande vers le Ghana, mais elle soulève des inquiétudes sur le pouvoir d’achat rural et la stabilité sociale dans les régions cacaoyères.
Perspectives pour la Filière
Malgré les fluctuations historiques – des bas de 100 FCFA/kg dans les années 1960 à des sommets récents –, cette baisse reflète une stratégie de long terme pour équilibrer offre et demande. Les acteurs appellent à une transparence accrue sur les paiements et à une vigilance contre les fraudes. Reste à voir si cette politique préservera la compétitivité ivoirienne face à la volatilité globale des prix CAF.



