Le président de la République du Ghana, Son Excellence John Dramani Mahama, a achevé ce week-end une visite officielle en Corée du Sud placée sous le signe du renforcement des relations bilatérales. Reçu par son homologue sud-coréen Lee Jae-myung à Cheong Wa Dae, l’ancienne Maison-Bleue de Séoul, le chef de l’État ghanéen a participé à des pourparlers approfondis visant à donner un nouvel élan à une coopération établie de longue date entre les deux nations.
Les discussions entre les deux dirigeants ont porté sur un large éventail de secteurs stratégiques. Agro-industrie, sécurité maritime, intelligence artificielle, valorisation des minéraux essentiels, fabrication automobile, développement des infrastructures ferroviaires, commerce et investissements ont tour à tour été abordés. Un programme ambitieux qui témoigne de la volonté commune d’élargir le champ de la coopération bilatérale au-delà des domaines traditionnels.
Des liens historiques et des valeurs partagées
Lors de son entretien avec Lee Jae-myung, John Dramani Mahama a tenu à rappeler la profondeur des relations entre les deux pays. Il a souligné que le Ghana et la Corée du Sud partagent des valeurs communes ancrées dans la démocratie, le respect des droits de l’homme et un engagement fort en faveur de la coopération internationale. Ces principes partagés, a-t-il expliqué, ont facilité la collaboration des deux nations au niveau multilatéral, notamment au sein des Nations unies. Une convergence de vues qui constitue un terreau fertile pour développer des partenariats concrets bénéficiant directement aux populations. Le président Mahama a particulièrement mis en lumière les opportunités d’élargissement de la coopération dans le domaine agricole et agro-industriel. Il a salué les initiatives en cours soutenues par l’Agence coréenne de coopération internationale (KOICA) pour stimuler la production de riz et renforcer la sécurité alimentaire au Ghana.
La Corée, partenaire économique de premier plan
En réponse, le président Lee Jae-myung a déclaré que la visite de son homologue ghanéen avait permis d’approfondir une coopération qui profitera directement aux citoyens des deux pays. Il a décrit le Ghana comme un partenaire économique apprécié, avant de révéler que la Corée du Sud importe des fèves de cacao du Ghana pour la fabrication de son fameux Chocolat du Ghana une appellation qui, au-delà de l’anecdote, illustre la réalité des échanges commerciaux entre les deux nations. Car les relations entre Accra et Séoul ne datent pas d’hier. Établies en 1977, elles se sont considérablement intensifiées ces dernières années. En 2024, la Corée du Sud avait déjà accordé au Ghana des prêts concessionnels de deux milliards de dollars via le Fonds de coopération pour le développement économique (EDCF), destinés à financer des projets d’infrastructure et de développement agricole.
Trois accords cadres signés
Au terme des pourparlers bilatéraux, les deux pays ont officialisé leur volonté de renforcer leur partenariat en signant trois documents majeurs. Un accord-cadre sur les changements climatiques a d’abord été conclu, ouvrant la voie à une collaboration sur les technologies de lutte contre le réchauffement planétaire et l’adaptation aux dérèglements climatiques. Un mémorandum d’accord sur la sûreté et la sécurité maritimes a également été signé entre les garde-côtes coréens et la marine ghanéenne. Ce partenariat stratégique vise à renforcer la sécurité dans le golfe de Guinée, une zone maritime stratégique où le Ghana entend jouer un rôle de premier plan face aux défis de la piraterie et de la pêche illégale. Enfin, un troisième mémorandum d’accord a été conclu entre le ministère des Affaires étrangères de la République de Corée et le ministère des Finances de la République du Ghana. Ce texte porte sur un programme de coopération en matière de technologie, de numérisation et d’innovation, des domaines où l’expertise coréenne est mondialement reconnue.
La réunion s’est déroulée en présence de hauts responsables des deux parties. Côté ghanéen, le ministre des Affaires étrangères, l’honorable Samuel Okudzeto Ablakwa, a pris part aux discussions, aux côtés de l’ambassadeur du Ghana en Corée, Kojo Choi. Une présence qui témoigne de l’importance accordée par Accra à ce renforcement des relations bilatérales. Pour le Ghana, cette intensification de la coopération avec Séoul répond à plusieurs objectifs stratégiques. Le pays mise sur l’expertise coréenne pour accélérer son industrialisation, valoriser ses ressources minérales notamment la bauxite et le lithium, et tirer pleinement parti de sa position au sein de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Les accords signés lors de cette visite couvrent des champs particulièrement variés. Au-delà des traditionnels volets agricoles et infrastructurels, la coopération s’étend désormais à des secteurs de pointe comme l’intelligence artificielle, la transformation numérique et la valorisation des minéraux essentiels à la transition énergétique.
Cette diversification répond aux besoins d’un Ghana en pleine mutation, qui cherche à moderniser son économie et à créer des emplois pour sa jeunesse. Elle correspond également aux atouts de la Corée du Sud, leader mondial dans les technologies de l’information, l’électronique et l’innovation industrielle. La visite de John Dramani Mahama à Séoul a permis de poser les jalons d’une coopération durable entre les deux pays. Les discussions ont notamment porté sur le développement des systèmes ferroviaires ghanéens, un secteur où la Corée du Sud dispose d’une expertise reconnue et qui pourrait faire l’objet de futurs partenariats. La question du commerce et des investissements a également été au cœur des échanges. Le Ghana, porte d’entrée naturelle vers l’Afrique de l’Ouest, entend attirer davantage d’investissements sud-coréens, en particulier dans les secteurs où son potentiel est le plus important : agriculture transformée, mines, technologies numériques.
Un duo diplomatique gagnant
Pour la Corée du Sud, ce renforcement des liens avec le Ghana s’inscrit dans une stratégie plus large de présence renforcée sur le continent africain. Séoul multiplie les partenariats avec les pays africains, cherchant à la fois à sécuriser ses approvisionnements en matières premières et à ouvrir de nouveaux débouchés pour ses entreprises. Le Ghana, par sa stabilité politique, sa croissance économique et son rôle diplomatique, constitue un partenaire de choix dans cette stratégie. La signature de ces trois accords, ajoutée aux prêts déjà accordés en 2024, confirme que la relation bilatérale entre dans une nouvelle phase, plus dense et plus diversifiée. Au sortir de cette visite, les deux présidents se sont félicités des avancées réalisées et ont exprimé leur volonté de poursuivre sur cette lancée. Pour les citoyens des deux pays, l’enjeu est désormais de voir ces engagements se traduire en projets concrets, créateurs d’emplois et de développement.



