Le gouvernement marocain mobilise chaque mois près de 148 millions d’euros pour amortir l’impact de la hausse des prix énergétiques dans un contexte international marqué par de fortes tensions.
Rabat confirme un effort budgétaire d’au moins 1,6 milliard de dirhams (environ 148 millions d’euros) afin de contenir les effets de la volatilité des marchés de l’énergie, a indiqué Fouzi Lekjaa, ministre délégué chargé du Budget, à l’issue du Conseil de gouvernement du jeudi 2 avril.
L’exécutif cherche à préserver simultanément le pouvoir d’achat des ménages et l’équilibre des coûts pour les entreprises, alors que les cours internationaux restent instables.
Cette orientation se décline à travers un dispositif structuré autour de trois axes ciblant les principaux postes sensibles de l’économie.
« L’État continue de soutenir fortement les produits énergétiques afin d’éviter toute répercussion directe sur les citoyens », a souligné Fouzi Lekjaa, mettant en avant la priorité accordée à la stabilité des prix intérieurs.
Le soutien au gaz butane constitue le premier levier. Le prix des bonbonnes demeure inchangé grâce à une subvention publique renforcée atteignant 78 dirhams (environ 7,2 euros) pour une bonbonne de 12 kg, contre 30 dirhams auparavant (près de 2,8 euros), soit un effort additionnel de 48 dirhams (environ 4,4 euros). Ce mécanisme représente à lui seul une charge mensuelle proche de 600 millions de dirhams, équivalant à environ 55,6 millions d’euros.
Le maintien des tarifs de l’électricité forme le deuxième pilier. Malgré la hausse des coûts des intrants énergétiques, notamment le gaz naturel, le charbon et le fuel, les prix facturés aux usagers n’ont pas été relevés. Ce choix, destiné à contenir la transmission de l’inflation, engendre un coût mensuel estimé à 400 millions de dirhams, soit environ 37 millions d’euros.
Le troisième axe concerne le transport professionnel, particulièrement exposé aux variations du gasoil. Le dispositif d’aide, révisé et entré en vigueur le 2 avril, repose sur une subvention d’environ 3 dirhams par litre (près de 0,28 euro). « Le dispositif a été revu pour mieux cibler les bénéficiaires et éviter les effets d’aubaine », a précisé le ministre. Son coût mensuel est évalué à 648 millions de dirhams, soit près de 60 millions d’euros.
Au total, l’agrégation de ces mesures confirme un effort supérieur à 148 millions d’euros par mois. Le financement repose sur les marges budgétaires disponibles, sans recours à ce stade à une loi de finances rectificative, selon les précisions apportées par Fouzi Lekjaa.



