A Bamako, l’appareil de la Défense se revivifie après la mort tragique de Sadio Camara. Peu à peu, les États-majors des forces armées maliennes (FAMa) restructurent leur plan tactique d’opération sous l’égide désormais du Général Assimi Goita, ministre de la défense et commandant en chef de toute l’action militaire au Mali.
Le nouveau ministre de la Défense nationale est assisté dans ses missions par un commandant en second, délégué spécialement à la question. Il s’agit d’Oumar Diarra, général divisionnaire chargé de régler l’horloge Défense-Sécurité du Mali.
Le Mali se réorganise et adopte de nouvelles stratégies
Le contexte et les faits. Au Mali, le président de la transition, le général Assimi Goïta, a repris en main le portefeuille de la Défense quelques jours après l’inhumation de l’ancien ministre Sadio Camara. Dans une série de décrets lus à la télévision d’État, le lundi 4 mai 2026, le chef de l’État a officialisé les réaménagements au sommet du département de la Défense. Un premier texte le désigne lui-même ministre de la Défense. Un second décret nomme le général de division Oumar Diarra au poste de ministre délégué auprès du ministre de la Défense et le classe protocolairement juste après les ministres d’Etat. L’annonce a été faite hier par le ministre-secrétaire général de la Présidence, Dr Alfousseyni Diawara, qui a lu le décret lors d’un flash spécial sur la télévision nationale. Le Général de division Oumar Diarra a un parcours qui milite en sa faveur. Il a été nommé chef d’état-major général des Armées le 2 septembre 2020, après avoir dirigé l’Armée de terre. Auparavant, il avait occupé le poste d’adjoint au chef d’état-major de l’Armée de terre, conseiller à l’état-major particulier du Président de la République.
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Son profil. Officier d’infanterie formé à Kati et à Koulikoro, il a également suivi des formations en Chine et aux États-Unis, renforçant son expertise en commandement et en opérations spéciales. Son parcours inclut une expérience au sein de la Mission hybride des Nations Unies et de l’Union africaine (UA) au Darfour, attestant de son engagement dans des opérations multinationales. Avant d’être chef d’état-major général des armées, le général Oumar Diarra a progressivement gravi les échelons militaires. Il a, d’abord, été commandant de compagnie, puis officier d’état-major et coordonnateur des centres d’instruction des recrues. Promu général de division en janvier 2022, il appartient à une génération d’officiers confrontés aux mutations des menaces sécuritaires au Sahel. Ces derniers jours, le général Diarra s’est illustré sur le front médiatique. Le Général de division Oumar Diarra fut aussi commandant de région militaire, commandant de zone de défense, chef secteur opérationnel, sous-chef d’état-major chargé des opérations à l’état-major de l’Armée de terre. Il a, par ailleurs, été le coordinateur des centres d’instruction des recrues au niveau de l’Armée de terre, officier d’état-major à la cellule formation et entraînement de la mission des Nations unies au Darfour.
Feu général Sadio Camara est l’homme qui a négocié l’arrivée des Russes au Mali. Les mercenaires du groupe Wagner, ensuite Africa Corps. Bamako est courroucé, fâché après le dernier abandon de Kidal par les mercenaires russes
Donné pour mort par certaines rumeurs circulant sur les réseaux sociaux, il est apparu à la télévision nationale pour dresser un état des lieux des attaques et de la riposte militaire. Il a, à cette occasion, assuré que la situation restait « sous contrôle », tout en réaffirmant la détermination des forces armées à contenir les offensives des groupes jihadistes, notamment le JNIM. Reconnu également pour ses travaux sur l’insécurité au Sahel et la coopération régionale, le général Diarra incarne un profil à la fois opérationnel et stratégique. Sa nomination intervient alors que le président de la Transition, Assimi Goïta, a choisi de cumuler les fonctions de chef de l’État et de ministre de la Défense, renforçant ainsi la centralisation du commandement. Dans ce schéma, le général Diarra apparaît comme un relais clé dans la mise en œuvre des orientations sécuritaires, appelé à coordonner l’action militaire sur le terrain et à contribuer à la reprise de l’initiative face aux groupes armés.
Les défis et manques à gagner en matière de sécurité et de défense
Les challenges. Le chef de la junte, le général Assimi Goïta, et ses proches qui étaient présents à la cérémonie d’hommages ont également engagé la réflexion sur la manière de relever les nombreux défis qui se posent. Les défis sont nombreux. Le partenariat avec la Russie, par exemple. Feu général Sadio Camara est l’homme qui a négocié l’arrivée des Russes au Mali. Les mercenaires du groupe Wagner, ensuite Africa Corps. Bamako est courroucé, fâché après le dernier abandon de Kidal par les mercenaires russes. Ce qui a facilité la prise de la ville par les rebelles. Il faut tourner la page. D’après nos informations, une délégation malienne s’apprête à se rendre à Moscou. Objectif ? Renouer la confiance et accélérer l’arrivée au Mali de nouveaux matériels militaires. Il y a également la situation sur le terrain. Comment réorganiser les troupes pour faire face aux urgences : le nouveau blocus décrété par les jihadistes autour de la capitale. À Bamako, les djihadistes du JNIM maintiennent le blocus, notamment sur les routes menant à Kourémalé, Ouélessébougou et Sorybougou.
Les transporteurs nous ont confié passer désormais par le pont de Kayo, puis par une déviation vers Koulikoro, une localité située à moins de 60 km au nord-est de la capitale, non sans une appréhension certaine.
Sur l’axe Bamako-Ségou, certaines sources indiquent que les jihadistes du Jnim auraient bloqué le passage ce jeudi au niveau de la forêt classée de la Faya à 40 km de Bamako. Pour contourner ce blocus, les transporteurs nous ont confié passer désormais par le pont de Kayo, puis par une déviation vers Koulikoro, une localité située à moins de 60 km au nord-est de la capitale, non sans une appréhension certaine. Au cœur de la capitale Bamako, le blocus n’a pas encore eu de conséquences graves, même si le risque de pénurie de carburant commence à se faire sentir dans certaines stations-services. Jeudi, plusieurs d’entre elles étaient fermées, tandis que de longues files d’attente se formaient devant les rares stations-services ouvertes. Autre défi, les nouvelles attaques en cours contre les positions de l’armée malienne. Les localités de Bilantal situées dans la région de Douentza et Boni au centre-est du pays ont fait l’objet d’attaques jeudi. Certaines sources locales les attribuent aux jihadistes du JNIM et aux rebelles du Front de Libération de l’Azawad (FLA).



