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Criminalité financière : Les ministres AES et CEDEAO à Abidjan pour la 31e réunion du GIABA

Sous tutelle locale de la CENTIF, Abidjan abrite la 31e réunion ministérielle du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA). Aux bords de la Lagune Ebrié, ce mini-sommet réunit les ministres des Finances, de la Justice et de l’Intérieur de la CEDEAO.

 

Placée sous le signe de la coopération régionale renforcée, la 31e réunion vise à consolider les dispositifs nationaux face à des menaces financières qui ne connaissent pas de frontières. La Côte d’Ivoire, pays hôte, y a réaffirmé sa détermination à poursuivre ses réformes pour sortir de la liste grise du GAFI.

Des menaces financières transnationales
Le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme, la corruption et les trafics illicites constituent des menaces majeures pour les économies ouest-africaines, leurs systèmes financiers et la stabilité des États. Ces phénomènes compromettent les efforts de développement et nuisent à l’attractivité des économies de la région. Face à cette situation, les réponses les plus pertinentes doivent s’appuyer sur une coopération régionale et internationale renforcée, combinée à l’amélioration continue des dispositifs opérationnels. Le GIABA, en tant qu’instrument communautaire d’évaluation et d’accompagnement des États membres, se positionne comme un acteur clé du renforcement des capacités nationales. La sous-région ouest-africaine fait face à un contexte sécuritaire extrêmement préoccupant avec l’extension des réseaux terroristes, la piraterie maritime, la sophistication croissante de la criminalité financière transnationale. Les armes ne peuvent survivre sans financement, tout comme le terrorisme ne peut prospérer sans ressources générées par les trafics de drogues ou d’autres activités illicites. Dans ce contexte, les participants veulent une application rigoureuse des lois, l’harmonisation des législations nationales avec les normes internationales et le renforcement de la coopération entre cellules de renseignement financier.

Plusieurs pays sont sortis de la liste grise du GAFI, à l’exception de la Côte d’Ivoire, dont la sortie pourrait intervenir prochainement.
Le Premier ministre ivoirien, Robert Beugré Mambé, représentant le président Alassane Ouattara, y a réaffirmé l’engagement de son pays dans la lutte contre la criminalité financière. Sous l’impulsion du chef de l’État, la bonne gouvernance financière, la transparence économique et la lutte contre les flux financiers illicites figurent parmi les priorités stratégiques de l’action gouvernementale. D’importantes réformes ont été adoptées pour renforcer les cadres juridique et institutionnel, améliorer la coopération entre les autorités judiciaires, policières et financières, et consolider la transparence dans les secteurs sensibles de l’économie. Ces efforts ont permis à la Côte d’Ivoire d’atteindre un niveau élevé de conformité technique au regard des recommandations du Groupe d’action financière (GAFI), avec 39 recommandations validées. Des progrès significatifs ont également été enregistrés dans l’évaluation de l’efficacité du dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Le ministre ivoirien de l’Économie et des Finances, Adama Coulibaly, a indiqué que son pays entend maintenir une dynamique soutenue en vue de consolider les acquis et de renforcer l’efficacité de son dispositif national. L’objectif est de satisfaire aux exigences internationales et de poursuivre les réformes nécessaires à la sortie de la Côte d’Ivoire de la liste grise.

Le mandat du directeur général s’achève sur un bilan de réformes
Le directeur général du GIABA, Edwin Harris Junior, a dressé le bilan de son mandat de quatre ans, qui s’achèvera officiellement le 30 juin 2026. À son arrivée en 2022, l’institution traversait une période de fragilité, placée sous un programme d’amélioration par ses partenaires. Collectivement, a-t-il rappelé, la barre a été redressée pour obtenir les résultats encourageants constatés aujourd’hui. Parmi les accomplissements notables : plusieurs pays sont sortis de la liste grise du GAFI, à l’exception de la Côte d’Ivoire, dont la sortie pourrait intervenir prochainement. Deux États membres de la région, le Nigeria et le Sénégal, siègent désormais sous la bannière du GIABA au GAFI en qualité de membres à part entière. Pour la première fois, un directeur général du GIABA a eu la continuité de siéger au comité stratégique du GAFI en tant qu’organisme régional représentant l’ensemble de l’Afrique. Des réformes internes majeures ont par ailleurs été menées en matière de développement administratif et institutionnel, renforçant l’efficacité, la transparence et la gouvernance de l’institution. Edwin Harris Junior a exprimé sa profonde reconnaissance au gouvernement et au peuple du Liberia, son pays d’origine, ainsi qu’à ses homologues sénégalais pour l’hospitalité ayant permis l’installation du nouveau siège du GIABA à Dakar.

Une autre victoire, l’adhésion du Burkina Faso, du Niger et du Mali au GIABA, entérinée par la Conférence des chefs d’État de la CEDEAO en décembre 2025.
Le président du Comité ministériel, Sekou Fanta Mady Bangoura, ministre des Finances de la Sierra Leone, a salué l’engagement du directeur général sortant et sa capacité à fédérer les énergies pour faire du GIABA une institution forte. Un hommage particulier a également été rendu au personnel du secrétariat, qualifié de « véritable artiste de la construction » par le directeur général. En marge des travaux, une décision importante a été saluée par l’ensemble des participants : l’adhésion du Burkina Faso, du Niger et du Mali au GIABA, entérinée par la Conférence des chefs d’État de la CEDEAO en décembre 2025. Les délégations de l’AES prennent activement par à ce mini sommet à Abidjan. Cette intégration renforce les efforts collectifs contre le terrorisme, son financement et les autres formes de criminalité organisée qui menacent la paix et le développement durable de la région. Les ministres présents ont appelé à une mobilisation accrue des ressources nationales, à une volonté politique renouvelée et à un renforcement des institutions compétentes à l’approche des prochains cycles d’évaluation mutuelle. La solidarité régionale, ont-ils conclu, demeure le principal atout pour préserver l’intégrité des systèmes financiers ouest-africains.

 

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