La reddition de deux hommes armés à Bordj Badji Mokhtar dans le sud intervient dans un environnement sécuritaire marqué par la circulation persistante de groupes jihadistes et de réseaux criminels dans les zones sahéliennes frontalières de l’Algérie.
L’Armée nationale populaire algérienne (ANP) a annoncé que deux individus identifiés comme «terroristes» se sont rendus aux autorités militaires dans la région de Bordj Badji Mokhtar, en 6e Région militaire, entre le 13 et le 24 mai, selon un bilan opérationnel relayé par les médias officiels algériens. Les deux hommes, désignés sous les noms de H.H., dit Mohamed, et H.M., alias Hammadi, étaient en possession de deux fusils de type Kalachnikov, de munitions et de plusieurs effets militaires.
Cette opération s’inscrit dans une série d’interventions conduites par l’armée algérienne dans les zones méridionales et frontalières, alors que les espaces désertiques reliant l’Algérie au Mali et au Niger demeurent exposés aux mouvements de groupes armés actifs au Sahel. Les autorités algériennes mettent régulièrement en avant leurs dispositifs de surveillance dans ces régions, considérées comme des couloirs sensibles pour les trafics transfrontaliers et les infiltrations de combattants jihadistes.
Le sud algérien, notamment autour de Bordj Badji Mokhtar et de Tamanrasset, occupe une position stratégique dans l’équilibre sécuritaire sahélien. Plusieurs analystes sécuritaires estiment que l’immensité des espaces désertiques continue de favoriser les circulations clandestines de combattants, d’armes et de réseaux logistiques alimentant l’instabilité régionale. Les groupes affiliés à l’État islamique au Sahel et au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) restent particulièrement actifs dans la bande sahélienne, malgré les opérations militaires menées par les États de la région.
En parallèle du volet antiterroriste, l’ANP a indiqué avoir arrêté six personnes accusées de soutien à des groupes armés lors d’opérations distinctes conduites à travers le pays. Les forces de sécurité ont également intensifié leurs actions contre les trafics transfrontaliers, avec l’interception de 84 narcotrafiquants et la saisie de plus de neuf quintaux de cannabis ainsi que de 1 million 349 196 comprimés psychotropes, selon le communiqué militaire.
Les opérations menées dans les régions de Tamanrasset, Djanet, In Salah et Bordj Badji Mokhtar ont, par ailleurs, conduit à l’arrestation de 592 personnes impliquées dans l’orpaillage clandestin et les activités de contrebande. Les autorités algériennes ont annoncé la saisie de 41 véhicules, 419 groupes électrogènes et 295 marteaux-piqueurs utilisés dans l’exploitation illégale de l’or.
Cette intensification des opérations sécuritaires intervient alors que plusieurs pays sahéliens font état d’une multiplication des attaques armées dans les zones frontalières et désertiques, où les réseaux jihadistes continuent de s’appuyer sur des circuits logistiques mobiles et difficilement contrôlables à l’échelle régionale.



