Au Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), Laurent Gbagbo, a exclu toute idée de désigner un successeur politique, alors que les spéculations autour de sa succession se multiplient au sein du parti.
Il avait annoncé son retrait de la vie politique ivoirienne après les élections législatives de décembre 2025, avant de se rétracter quelques mois plus tard.
Vendredi 15 mai dernier, Laurent Gbagbo a été reconduit par acclamation à la tête du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), à l’issue du premier congrès ordinaire du parti. S’il a volontiers accepté de reprendre les rênes de la formation politique, l’ancien chef de l’État a par ailleurs indiqué à ses camarades qu’il délèguera une partie de ses pouvoirs.
« Je vais déléguer mes pouvoirs à quelqu’un qui ira tous les jours au marché, au magasin, à la boutique. Je vais lui déléguer le pouvoir pour qu’il s’assoie au volant et fasse toutes les courses du parti », a-t-il annoncé lors du meeting de clôture de la Fête de la renaissance, célébrée le 16 mai. « Lorsque je déléguerai mes pouvoirs à quelqu’un, cela ne voudra pas dire que je le nomme comme mon successeur. Pas du tout », a-t-il précisé, afin d’anticiper d’éventuelles interprétations.
“Je ne suis pas là pour fabriquer un homme fort”
Revenant sur la question de sa succession, une semaine après sa reconduction à la tête du parti, l’époux de Nady Bamba s’est voulu très clair. « Je ne suis pas là pour fabriquer un homme fort, ni pour désigner un héritier. Je suis là pour bâtir un parti fort », a-t-il tranché.
Dans une lettre adressée aux fédéraux du parti, Laurent Gbagbo, qui a entamé une profonde restructuration des instances du PPA-CI, ambitionne de replacer le terrain et l’implantation du parti au centre de sa stratégie.
Le parti a besoin de militants sur le terrain, qui implantent, qui organisent, qui convainquent la population
« Le parti a besoin de militants sur le terrain, qui implantent, qui organisent, qui convainquent la population », a déclaré Laurent Gbagbo, selon qui les nominations à des postes de responsabilité se feront désormais sur la base du mérite.
« Je veux que les militants grandissent de la base au sommet, et non que le sommet fabrique artificiellement la base (…) Les nominations doivent se faire au mérite. C’est à ce prix que nous construirons un parti fort, respecté et capable de relever les défis », a-t-il ajouté.
Restructuration des instances
Pour donner corps à cette ambition, Laurent Gbagbo a procédé, dès le lendemain de la célébration de la Fête de la renaissance, à la révocation de l’ensemble des membres des 12 organes centraux du parti. Les représentants du parti à l’étranger ont également été concernés par cette mesure prise par l’ancien chef de l’État.
Cette restructuration profonde des instances du PPA-CI intervient alors que le parti a récemment connu quelques turbulences. Plusieurs cadres avaient récemment défié la ligne du parti en participant aux élections présidentielle et législatives malgré le mot d’ordre de boycott.
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Plusieurs d’entre eux ont écopé de lourdes sanctions, allant pour certains de 12 à 18 mois de suspension. C’est notamment le cas de Stéphane Kipré et Arthur Dally. Ahoua Don Mello, Fernand Ahilé et Antoine Kangah ont, quant à eux, été radiés de toutes les instances du parti.



