En visite à San Pedro depuis le 28 mai 2026, le ministre des Eaux et Forêts, Assahoré Jacques, a donné des instructions fermes à ses agents pour intensifier la lutte contre l’orpaillage clandestin, l’agriculture extensive dans les forêts classées et le sciage à façon, qu’il considère comme les principales causes de la dégradation du couvert forestier ivoirien.
Le ministre s’exprimait lors d’une rencontre avec les agents de la direction régionale des Eaux et Forêts de San Pedro. C’était en marge du lancement officiel de la campagne nationale de reboisement compensatoire 2026 à Okromodou, dans la sous-préfecture de Fresco, ainsi que d’une visite d’évaluation des travaux d’aménagement réalisés dans l’agroforesterie de Monogaga.
Un tableau préoccupant
Face à ses collaborateurs, Assahoré Jacques a dressé un tableau préoccupant de l’état des forêts ivoiriennes. Selon lui, le couvert forestier national est passé de 16 millions d’hectares à moins de 3 millions d’hectares aujourd’hui, une situation qu’il juge alarmante pour l’environnement et les ressources en eau.
” On doit stopper la déforestation et ensuite reconstituer les forêts “, a martelé le ministre, insistant sur la nécessité d’appliquer strictement la loi afin de mettre fin aux activités illégales qui fragilisent les écosystèmes forestiers. Le ministre a notamment cité l’agriculture extensive, l’orpaillage clandestin et le sciage à façon parmi les causes majeures de destruction des forêts classées. Il a exhorté les agents des Eaux et Forêts à faire preuve de davantage de rigueur et à éviter toute complaisance envers les auteurs de ces pratiques.
Je ne veux pas qu’un seul agent des Eaux et Forêts se rende complice
” Je ne veux pas qu’un seul agent des Eaux et Forêts se rende complice “, a-t-il averti, rappelant que des opérations de saisie sont régulièrement menées contre les exploitants illégaux et les réseaux de fraude. Dans cette dynamique, Assahoré Jacques a annoncé une série de mesures visant à renforcer les contrôles et la sécurisation des espaces forestiers. Parmi elles figure la mobilité des agents occupant le même poste depuis plus de quatre ans, afin de limiter les situations de proximité avec les populations locales et les acteurs illégaux.
” Lorsque vous totalisez quatre ans dans un poste, vous devenez ami de tout le monde “, a-t-il déclaré pour justifier cette décision. Le ministre des Eaux et Forêts a également reconnu que plusieurs forêts classées échappent encore au contrôle de l’État. ” Toutes les forêts classées sont infiltrées “, a-t-il affirmé, dénonçant l’influence de groupes hors-la-loi dans certaines zones forestières. Pour faire face à cette situation, il a annoncé la mise en place progressive d’un plan de sécurisation destiné à permettre à l’État de reprendre le contrôle effectif des forêts classées.
Assahoré Jacques a enfin appelé ses agents à travailler en étroite collaboration avec les populations locales afin de réussir la politique de préservation et de reconstitution du couvert forestier engagée par les autorités ivoiriennes depuis 2018, avec pour objectif de restaurer 20 % du couvert forestier national d’ici 2030.



