L’Afrique du Sud a eu vendredi 5 juin le lancement officiel du Lenacapavir, un traitement contre le VIH catégorisé de révolutionnaire. Avec une seule injection tous les six mois, le médicament préventif atteint une efficacité qui frôle les 100 %. « Un signe d’espoir », pour le président Cyril Ramaphosa, alors que plus d’un Sud-Africain sur dix est porteur du VIH. Pour ce lancement, un peu moins de 40 000 doses ont été réparties dans 360 cliniques du pays.
Dans les couloirs de cette petite clinique du township d’Embalenhle, près de Secunda, à environ deux heures de route de Johannesburg, Jein, 21 ans, s’apprête à recevoir la première dose de Lenacapavir : « Je suis très agitée, il y a beaucoup de monde ! »
Première injection oblige, ce jour-là, le ministre de la Santé Aaron Motsoaledi est présent. Et il y a presque plus de caméras que de patients. « C’est un tournant dans la lutte contre le VIH et le sida, cela change la donne, dit le ministre. Cette jeune femme vient d’entrer dans l’histoire. Nous en sommes très fiers ! »
« J’étais nerveuse tout à l’heure, mais je suis vraiment très heureuse, répond Jein. Cela va aider beaucoup de gens. »
Le Lénacapavir est jugé révolutionnaire, car il ne demande que deux injections par an. Un traitement beaucoup moins contraignant que des médicaments quotidiens. Dans un pays où environ 8 millions de personnes vivent avec le VIH, le lancement de ce traitement préventif est vécu comme une fête par les infirmières de la clinique.
« Cela se passe dans notre clinique, on se doit de se réjouir ! », dit l’une d’entre elles.
Selon le président Cyril Ramaphosa, l’objectif est maintenant de proposer le traitement à près d’un million de Sud-Africains d’ici fin 2027.
Le gouvernement avait largement communiqué sur ce lancement du Lénacapavir en Afrique du Sud, mais il n’y a qu’un peu moins de 40 000 doses dans le pays. Et s’il y a bien des discussions en cours avec le laboratoire américain Gilead pour que l’Afrique du Sud obtienne une licence de production, selon Bellinda Thibela de l’organisation Health Gap, en attendant, l’Afrique du Sud devrait tout faire pour obtenir beaucoup plus de doses.



