La Côte d’Ivoire vient de franchir un autre pas déterminant dans sa volonté de renouveler son parc auto. En effet, Coné Dioman, directeur de cabinet du ministre des Transports et des Affaires maritimes, a procédé le jeudi 4 juin 2026, à Abidjan-Plateau, au lancement officiel de la plateforme digitale plateforme.fdtr.ci.
Conçu par le Fonds de développement du transport routier (Fdtr), structure sous tutelle dudit ministère, cet outil avant-gardiste permet notamment de sécuriser les recettes, d’assurer le suivi et le contrôle de l’exploitation des véhicules, d’améliorer la gestion de l’entretien technique et d’offrir une meilleure visibilité aux partenaires financiers sur la rentabilité de l’activité.
Procédant au lancement officiel de cette plateforme, Coné Dioman a vivement salué Abdoulaye Touré, directeur général du Fdtr, pour avoir mis à la disposition des acteurs des transports routiers un véritable levier de structuration, de transparence et de confiance pour l’ensemble du secteur.
« Cette plateforme est un outil moderne et innovant, conçu pour assurer le pilotage et le suivi rigoureux de l’ensemble du processus de renouvellement de notre parc automobile national », a-t-il planté le décor.
Selon lui, le transport routier assure plus de 90% des déplacements sur l’ensemble du territoire national. Ce trafic intense, supporté par un parc de plus de 1 200 000 véhicules, avec une moyenne d’immatriculations qui oscille entre 56 000 et 60 000 véhicules par an, bénéficie d’un réseau routier dense d’environ 82 560 km, dont 8 105 km de routes bitumées et 400 km d’autoroutes de classe A.
Au regard donc de l’importance de ce secteur, a-t-il rappelé, le gouvernement ivoirien a pris des mesures fortes pour apporter une réponse adaptée.
Il s’agit notamment du décret N° 2017-792 du 06 décembre 2017 portant limitation de l’âge des véhicules d’occasion importés en Côte d’Ivoire ; le décret N° 2017-793 du 06 décembre 2017 fixant les durées d’exploitation des véhicules affectés au transport public ou privé de personnes et la mise en place du programme de renouvellement du parc automobile ivoirien.
Toutes ces mesures traduisent l’engagement ferme du gouvernement à assainir le secteur du transport routier. Le coût du renouvellement du parc automobile ivoirien nécessitant plus de 700 milliards de FCfa, le directeur de cabinet a indiqué qu’il était de bon aloi que le secteur se structure pour inspirer davantage de confiance aux investisseurs.
C’est pourquoi il a invité les transporteurs à s’approprier cette plateforme. Il a terminé en appelant l’ensemble des acteurs à la prudence par ces temps de fortes pluies.
Diagnostic d’un secteur en quête de renouveau
Abdoulaye Touré, directeur général du Fonds de développement du transport routier, a, lui, rappelé que l’enjeu de renouvellement du parc automobile ivoirien dépasse ce seul secteur. Il constitue un levier essentiel pour la sécurité routière, la compétitivité économique et le rayonnement de notre pays.
C’est pourquoi, a-t-il dit, il est apparu indispensable à son institution de poser un diagnostic lucide, objectif et rigoureux afin de permettre au Fdtr d’assumer pleinement son rôle d’intermédiaire stratégique et de facilitateur de garantie, en vue d’un accès plus équitable et plus structuré des transporteurs au financement.
Son diagnostic a mis à nu plusieurs faiblesses. Il s’agit, d’une part, de la vétusté du parc automobile ; de l’âge élevé des véhicules, ce qui affecte directement la sécurité routière, la qualité du service offert aux usagers ainsi que la compétitivité des opérateurs.
Et d’autre part, des difficultés d’accès au financement en raison d’une structuration insuffisante de leurs activités et d’une traçabilité limitée de leurs recettes, et du niveau de garantie souvent jugé insuffisant, inadéquat par les établissements de crédit.



