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Abattage de ses porcs : Blé Goudé dénonce une situation « banalisée »

Le coup est dur pour Charles Blé Goudé. Engagé depuis son retour en Côte d’Ivoire dans l’agro-entrepreneuriat, le président du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (Cojep, opposition) a vu une importante partie de son investissement partir en fumée après l’abattage des porcs de sa ferme située au campement de Petit Bondoukou.

Dans une vidéo largement relayée, l’ancien leader de la galaxie patriotique est revenu sur cette opération et a surtout dénoncé la manière dont sa situation aurait été traitée. Il a directement interpellé un certain M. Anoma, présenté comme l’un des agents ayant participé à l’abattage.

« M. Anoma, ne me provoquez pas, ne me provoquez plus jamais », a lancé Charles Blé Goudé. Il a notamment rejeté les reproches qui lui auraient été adressés pour avoir rendu publique l’affaire.

« Vous auriez voulu quoi ? Que j’applaudisse, que je danse, que je festoie parce que vous avez anéanti mon investissement ? », a-t-il réagi.

Pour le président du Cojep, au-delà de la perte financière, c’est tout un dispositif économique qui se retrouve fragilisé. Il affirme notamment que les employés de sa ferme sont désormais sans activité.

« Je n’accepte pas la manière dont vous avez voulu banaliser ce qui m’est arrivé. Mon personnel est aujourd’hui au chômage », a-t-il dénoncé.

Malgré cette épreuve, Charles Blé Goudé entend poursuivre son projet. Il assure vouloir reprendre son activité et aller jusqu’au bout de son ambition de devenir l’un des grands producteurs de porcs en Côte d’Ivoire.

« Je recommencerai une fois, deux fois, jusqu’à ce que j’atteigne l’objectif d’être parmi les grands producteurs de porcs dans ce pays », a-t-il assuré.

Mais son intervention dépasse désormais le cadre de sa ferme. L’homme politique veut attirer l’attention sur les difficultés auxquelles fait face l’ensemble de la filière porcine ivoirienne.

Selon les chiffres qu’il avance, la consommation nationale de viande de porc serait comprise entre 60 000 et 100 000 tonnes par an. La production locale ne représenterait toutefois que 10 à 17 % de cette demande. La Côte d’Ivoire resterait ainsi fortement dépendante des importations.

Pour Charles Blé Goudé, le développement de la production locale constitue donc un enjeu économique majeur. « Notre pays peut se donner les moyens de s’autosuffir. Il faut encourager la production locale pour créer des emplois », a-t-il soutenu.

Le président du Cojep a également évoqué les conséquences de la Peste porcine africaine (PPA), qui affecte durement les éleveurs depuis plusieurs années. Il affirme que près de 107 000 porcs ont été abattus depuis 2024 et que plus de 1 500 acteurs de la filière ont été touchés.

À l’en croire, plusieurs producteurs attendent encore des indemnisations. Certains seraient dans cette situation depuis plus de deux ans. Il affirme même que dix éleveurs sont décédés sans avoir perçu les compensations attendues.

Face à cette situation, Charles Blé Goudé appelle le ministère des Ressources animales et halieutiques à renforcer son accompagnement des producteurs. Il propose notamment que les taxes issues des importations de viande porcine puissent contribuer au soutien de la production nationale.

L’ancien ministre de la Jeunesse a également critiqué certaines mesures fiscales. Il déplore notamment l’application d’une taxe de 9 % sur les aliments destinés au bétail, estimant que cette charge supplémentaire pèse lourdement sur les éleveurs.

À travers son propre cas, Charles Blé Goudé entend ainsi relancer le débat sur l’avenir de la filière porcine en Côte d’Ivoire. Au-delà de la perte subie dans sa ferme, il souhaite que les difficultés des producteurs soient davantage prises en compte afin de renforcer la production locale et réduire la dépendance aux importations.

 

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