Les préfets des régions et départements frontaliers sont réunis les 5 et 6 novembre 2026 à Yamoussoukro, à l’initiative de la Commission nationale des frontières de Côte d’Ivoire (CNFCI), pour s’imprégner des orientations de la Politique nationale de gestion intégrée des frontières (PNGIF-CI).
Ces échanges portent sur leur implication dans la sécurisation des frontières, la coopération avec les pays voisins et le développement des zones frontalières.
Durant deux jours, les préfets sont ainsi invités à examiner les orientations de cette politique adoptée en Conseil des ministres le 12 juin 2024, ainsi que les moyens de les traduire en actions concrètes dans leurs circonscriptions.
L’activité bénéficie de l’appui technique et financier du Centre international pour le développement des politiques migratoires (ICMPD), dans le cadre de la deuxième phase du programme régional de facilitation de la migration (FMM II), soutenu par l’Union européenne et le Royaume du Danemark.
Les préfets au cœur du dispositif
À l’ouverture des travaux, le directeur général de l’Administration du territoire, Ibrahima Bayo, représentant le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Vagondo Diomandé, a rappelé les enjeux de cette politique. Selon lui, la gestion des frontières ne doit plus se résumer aux opérations de surveillance et de contrôle du territoire national.
Elle doit également prendre en compte les réalités des populations qui vivent et exercent leurs activités dans ces espaces.
Cette approche implique de prendre en considération plusieurs dimensions, notamment la sécurité, la mobilité des personnes, les échanges commerciaux, la coopération avec les pays voisins et l’amélioration des conditions de vie des communautés frontalières.
Pour atteindre ces objectifs, le représentant du ministre a particulièrement interpellé les préfets sur leurs responsabilités.
En tant que représentants de l’État et coordonnateurs des services déconcentrés, ils doivent assurer la cohérence des interventions des différentes administrations et faciliter la collaboration entre les acteurs locaux.
Ibrahima Bayo leur a également demandé de renforcer le dispositif de surveillance des zones frontalières, notamment par la collecte et la remontée régulière d’informations vers les autorités compétentes et la CNFCI.
Les incidents sécuritaires, les tensions entre communautés et les différends liés aux activités transfrontalières doivent être signalés suffisamment tôt pour permettre une intervention appropriée.
La collaboration avec les autorités administratives des pays limitrophes figure également parmi les responsabilités évoquées.
Les préfets sont encouragés à maintenir des échanges avec leurs homologues afin d’anticiper les éventuels désaccords et de favoriser des actions communes. Le développement des activités économiques légales, notamment à travers le Régime simplifié transfrontalier, fait aussi partie des orientations à promouvoir.
Pour le secrétaire exécutif de la CNFCI, le Dr Diakalidia Konaté, l’enjeu est désormais de faire connaître cette politique à tous les acteurs concernés et de favoriser son application dans les différentes localités frontalières.
La vulgarisation de la politique renforcée
S’exprimant au nom du Premier ministre Robert Beugré Mambé, président de la Commission, il a salué la présence des autorités administratives, des représentants des forces de défense et de sécurité, des collectivités territoriales, de la société civile et des autorités traditionnelles et religieuses.
Il a insisté sur la nécessité pour les préfets de relayer les acquis de cette rencontre dans leurs circonscriptions. Les services déconcentrés de l’État, les élus locaux, les forces de défense et de sécurité ainsi que les communautés doivent également être informés des orientations de la PNGIF-CI afin de faciliter leur participation à sa mise en œuvre.
Du côté des partenaires, Natalija Spunjini, cheffe de projet « Gestion des frontières en Côte d’Ivoire » à l’ICMPD, a réaffirmé l’engagement de son organisation à accompagner le processus.
Évoquant les travaux de validation de la politique auxquels elle avait pris part en novembre 2022 à Grand-Bassam, elle a relevé les avancées enregistrées depuis cette étape et salué le travail du secrétariat exécutif de la CNFCI.
Elle a précisé que l’appui apporté à cette rencontre s’inscrit dans le programme FMM II, conduit en coopération avec la CEDEAO et financé par l’Union européenne et le Royaume du Danemark.
Elle a par ailleurs souligné que cette initiative fait suite à une demande du secrétariat exécutif de la CNFCI, qui a reçu un avis favorable du comité technique.
Les échanges de Yamoussoukro sont également consacrés au bilan à mi-parcours de la mise en œuvre de la politique et aux perspectives du plan d’action révisé pour la période 2026-2030.
Les participants doivent notamment examiner les difficultés rencontrées dans les zones frontalières, les responsabilités des différentes structures et les mécanismes de collaboration à renforcer.



