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Ecole ivoirienne: Les grèves refont surface

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L’école ivoirienne est à nouveau sous les feux de la rampe. Depuis le début de l’année scolaire 2014-2015, les syndicats d’enseignants, du primaire au supérieur, donnent de la voix çà et là.

Certains ont même franchi le rubicond en lançant des mots d’ordre de grève. C’est le cas par exemple du Syndicat des instituteurs pour une nouvelle vision de l’école en Côte d’Ivoire (Sinoveci) qui a observé un arrêt de travail de 48 H, du lundi 19 au mardi 20 janvier 2015 inclus. « C’est une grève d’interpellation ferme », avait alors souligné Gbongué Sahi Théophile, secrétaire général de ce syndicat. Le Sinoveci réclame le renforcement des capacités des instituteurs par la formation continue afin de maintenir la qualité de la formation, le reclassement des instituteurs adjoints du grade C3 ayant obtenu le Cap, au grade B3, le paiement intégral des arriérés dus au titre de l’indemnité de logement et de la bonification indiciaire et l’octroi de primes pour les postes déshérités, des classes surchargées et les risques liés au métier.

Le Sg du Sinoveci a précisé qu’avant de lancer la grève, un préavis en date du 20 décembre 2014 avait été déposé au ministère de la Fonction publique et de la reforme administrative, avec ampliation à la présidence de la République, la Primature, la Médiature, le ministère de l’Education nationale et de l’enseignement technique etc.

Avant le Sinoveci, le syndicat phare au niveau de l’enseignement supérieur à savoir, la Coordination des enseignants du supérieur et des chercheurs (Cnec), est entré en grève illimitée depuis le 05 janvier 2015. Le gouvernement a pu obtenir la suspension de cette grève le 22 janvier dernier. Au sortir d’une assemblée générale extraordinaire le mardi dernier 10 février, les enseignants du supérieur et les chercheurs, pour montrer leur bonne foi, ont décidé de donner un délai supplémentaire au gouvernement qui court jusqu’au 26 février prochain, pour la satisfaction de leurs revendications. A cette date en effet, ils doivent être reçus par le Premier ministre, Daniel Kablan Duncan.

De son côté, le jeudi 05 février dernier, le collectif des syndicats des emplois et associations du secteur Education/Formation dirigé par N’dri Kouamé Benjamin a organisé une journée nationale de protestation pour exiger du gouvernement, le paiement effectif des effets financiers des avancements indiciaires dès la fin de ce mois de février 2015. Ce collectif n’écarte pas la possibilité de déposer un préavis de grève qui pourrait entrer en vigueur dans la première semaine du mois de mars, si rien n’est fait.

Il y a aussi le cas du Mouvement des instituteurs pour la défense de leurs droits (Midd) de Mesmin Komoé qui avait annoncé une grève d’avertissement de 48 H. Finalement, le mot d’ordre a été suspendu à quelques jours de la grève.

Autant de faits qui indiquent clairement que les syndicats d’enseignants ont renoué avec la grève, après une trêve de deux ans. On se rappelle en effet que le gouvernement avait demandé aux enseignants, une trêve sociale afin de lui permettre de plancher plus sereinement sur leur situation. Ce que ces derniers pensent avoir plus ou moins respecté. L’heure est venue pour eux, disent-ils, de réclamer ce qui leur revient de droit. Les enseignants croient dur comme fer que 2015 pourrait être une année fructueuse pour eux. La raison, c’est que c’est une année électorale. Bien plus, ils ont conscience du poids et de la force qu’ils représentent. Les derniers chiffres indiquent que sur 133.000 fonctionnaires, les enseignants sont estimés à environ 97.000. A ces enseignants de la Fonction publique, il faut ajouter ceux de l’enseignement privé dont le nombre n’est pas maîtrisé. « Le président de la République, s’il veut se faire réélire a tout intérêt à composer avec les enseignants. Et la meilleure manière de le faire, c’est de trouver des solutions à nos revendications », a déclaré un syndicaliste qui a requis l’anonymat.

Par ailleurs, il est de notoriété que les enseignants sont les ressources humaines les plus sollicitées pour accomplir diverses tâches dans les bureaux de vote lors des élections, surtout dans les villes de l’intérieur du pays. S’ils sont négligés ou bafoués par le gouvernement, ils pourraient jouer un sale tour le moment venu. Ne parlons même pas des cours et des examens à grand tirage qu’ils peuvent à tout moment bloquer au niveau de l’éducation nationale. Au supérieur, ils peuvent déserter les amphis et laboratoires quand ils veulent. Selon certaines confidences, les enseignants qui en ont pleinement conscience, jouent leurs cartes à fond cette année. Ils savent que tout joue en leur faveur. Il appartient au gouvernement de tout mettre en œuvre pour sauver l’année scolaire et académique des élèves et étudiants de Côte d’Ivoire, en satisfaisant aux revendications des enseignants.

Le jeu dangereux du gouvernement

Les enseignants syndicalistes reprochent au gouvernement son attitude de ”médecin après la mort”. Un comportement bien souvent constaté qui laisse croire que le gouvernement veut d’abord voir de quoi sont capables sur le terrain les syndicats qui veulent faire la grève, avant de réagir. C’est en tout cas ce que pensent les syndicalistes. « Nous faisons des conférences de presse, nous faisons des demandes d’audience, nous déposons des préavis de grève, nous ne trouvons aucune oreille attentive. Et c’est seulement lorsque nous lançons le mot d’ordre de grève et qu’il constate que l’école est paralysée que le gouvernement, à travers le ministre ou son cabinet, nous appelle à la table de négociation. C’est bien dommage », a déploré l’un des responsables syndicaux du collectif des syndicats des emplois et associations du secteur éducation/formation sous le sceau de l’anonymat.

Le Sg du Sinoveci, Gbongué Sahi Théophile a confirmé les propos de son camarade. « C’est le lundi 19 janvier, jour du démarrage de notre grève de 48 H que le cabinet du ministre de l’Education nationale et de l’Enseignement technique, nous a appelés pour discuter franchement », a-t-il révélé. Selon lui, les précédentes rencontres avec ledit ministère, le 09 et le 12 janvier, ont accouché d’une souris. « Nous n’avons pas du tout été convaincus au terme de ces deux rencontres. Ils ont promis que tout sera réglé. Ce à quoi nous ne croyons pas du tout parce que nous avons déjà entendu ça… », avait confié le Secrétaire général du Sinoveci de passage à notre rédaction le mois dernier.

Cette attitude de ”médecin après la mort” a été aussi observée au ministère de l’Enseignement supérieur où le comité ad’hoc de la Cnec a été invité à la discussion après qu’il ait lancé son mot d’ordre de grève illimitée. Joint au téléphone pour comprendre à quoi répond cette attitude du gouvernement, un membre du cabinet du ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, sous le couvert de l’anonymat, a donné son point de vue. Au dire de notre interlocuteur, le droit à la grève est reconnu à tout syndicat. Mais il y a une procédure à suivre et les syndicats la connaissent bien. « Si les syndicats suivent les différentes étapes pour aboutir à la grève, ils verront que le gouvernement les suivra et les appellera très rapidement à la négociation », a-t-il soutenu. Autrement dit, pour notre interlocuteur, les conférences de presse et autres déclarations dans les journaux ne sont pas les voies à suivre pour saisir le gouvernement d’une situation.

Parents, élèves et étudiants : les grands perdants

Disons-le tout net, les grèves des enseignants du primaire au supérieur ne profitent qu’à leurs auteurs. Les élèves, les étudiants et leurs parents regardent impuissants. Ils ne savent que faire. Les missions de médiation qu’ils entreprennent auprès des organisations syndicales ne sont pas toujours fructueuses. Autant, ils comprennent les préoccupations soulevées par les syndicats d’enseignants qui justifient les arrêts des cours, autant ils souhaitent que les enseignements soient privilégiés, pour l’avenir de leurs enfants.

Une situation de dilemme de laquelle seul le gouvernement peut les sortir. Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas. Le gouvernement fait des promesses qui ne se réalisent pas automatiquement. Résultat : les programmes de cours sont mis à mal. Les cours ne sont pas correctement dispensés et même quand c’est le cas, ils sont ”évacués” afin de rattraper les heures perdues et terminer ainsi le programme. Dans ces conditions, les cours ne sont pas bien assimilés par les apprenants et les résultats de fin d’année s’en ressentent lourdement. Ce sont des parents d’élèves et étudiants dépités qui assistent, impuissants, aux échecs de leurs enfants.

L’inter

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