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Paul Biya à Genève : Un militant du RDPC affirme l’avoir vu en pleine forme

L’absence prolongée du président camerounais interroge plus d’un au Cameroun. Le régime et l’opposition se renvoient la balle. Depuis le 7 juin 2026, le président camerounais Paul Biya, âgé de 93 ans, a quitté Yaoundé pour un « court séjour privé en Europe ». Plus de sept semaines plus tard, son absence prolongée alimente les rumeurs les plus diverses et ravive les tensions politiques dans un pays où la question de la succession est devenue un sujet brûlant.

Alors que l’opposition réclame que le Conseil constitutionnel se prononce sur une éventuelle vacance du pouvoir, le parti au pouvoir assure que les institutions fonctionnent normalement. Dimanche 26 juillet, sur le plateau d’Équinoxe TV, un militant du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) a affirmé avoir vu le chef de l’État à Genève « très en forme ».

Le témoignage destiné à couper court aux rumeurs
Lucien Bidima, représentant du RDPC dans l’émission « Droit de Réponse », a livré un témoignage qui se veut rassurant. Affirmant s’être rendu personnellement à l’hôtel InterContinental de Genève, le lieu de séjour habituel du couple présidentiel en Suisse, il a déclaré avoir trouvé Paul Biya « très en forme » et pleinement actif dans ses fonctions quotidiennes. « J’étais à l’hôtel InterContinental en Suisse, Paul Biya est très en forme », a-t-il martelé, en réponse aux « nouvelles alarmantes » circulant sur les réseaux sociaux. Selon lui, ces informations infondées ne sont que le fruit de réactions aveugles à des publications non vérifiées. Une tentative de rassurer une opinion publique camerounaise de plus en plus inquiète face au silence officiel.

J’étais à l’hôtel InterContinental en Suisse, Paul Biya est très en forme », a-t-il martelé, en réponse aux « nouvelles alarmantes
L’absence prolongée du président Biya, qui n’a pas fait de déclaration publique depuis son départ, a conduit plusieurs figures de l’opposition à s’exprimer. Jean-Michel Nintcheu a saisi le Conseil constitutionnel pour que celui-ci constate une éventuelle vacance du pouvoir. Joshua Osih, du Social Democratic Front (SDF), et l’Union démocratique du Cameroun (UDC) dénoncent un manque de transparence et l’absence de nomination d’un vice-président, estimant que cette situation met en péril la stabilité des institutions. L’opposition pointe un « pilotage automatique » qui, selon elle, ne saurait remplacer une autorité pleinement présente sur le territoire national.

Le RDPC campe sur sa position
De son côté, le RDPC, parti au pouvoir depuis plus de quarante ans, rejette toute idée de vacance institutionnelle. Ses organes officiels assurent que le chef de l’État continue d’exercer ses prérogatives et de signer des actes officiels depuis l’étranger. Les partisans du régime rappellent que le président n’est pas tenu de résider en permanence au Cameroun et que ses déplacements, même prolongés, relèvent de sa liberté de mouvement. Ils accusent l’opposition de chercher à exploiter une situation qu’elle ne maîtrise pas, en alimentant un climat de suspicion et de défiance. Une ligne de défense qui peine cependant à dissiper le malaise grandissant au sein de la population. La question de la transparence dans la gestion des affaires publiques reste posée. Dans un pays où l’espérance de vie moyenne est de 63 ans, l’âge avancé du président et son absence prolongée nourrissent des interrogations légitimes sur sa capacité à gouverner.

Les constitutionnalistes rappellent que la Constitution camerounaise ne prévoit pas de vice-présidence, ce qui rend la question de la succession encore plus sensible. En l’absence de communication officielle claire, les rumeurs les plus folles prolifèrent, fragilisant un peu plus la confiance des citoyens dans leurs institutions. Alors que le séjour européen de Paul Biya s’allonge sans perspective de retour annoncé, le Cameroun retient son souffle. La déclaration de Lucien Bidima, aussi rassurante soit-elle, n’a pas dissipé toutes les inquiétudes. L’opposition, déterminée à obtenir des éclaircissements, continue de réclamer une saisine du Conseil constitutionnel. Le RDPC, de son côté, campe sur ses positions, refusant de donner le moindre signe de faiblesse. Dans cette attente prolongée, les Camerounais oscillent entre espoir et inquiétude. Le temps, seul juge, dira si cette absence est celle d’un président en pleine santé ou le prélude à des bouleversements institutionnels dont le pays se serait bien passé.

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