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Congo-Brazzaville : Anguios Nganguia Engambé, candidat du PAR pour la quatrième fois à la présidentielle

Il est de tous les scrutateurs. Anguios Nganguia Engambé, président-fondateur du Parti pour l’action de la République (PAR), s’apprête à briguer pour la quatrième fois consécutive à la magistrature suprême. Après 2009, 2016 et 2021, la voix de nouveau dans la course à l’élection présidentielle de mars 2026. Une constance qui force le respect, même si les scores obtenus jusqu’ici sont restés modestes : 0,18 % des voix en 2021, selon la BBC.

Désigné candidat à l’unanimité par son parti le 25 novembre 2025 à Brazzaville, Anguios Nganguia Engambé a vu sa candidature officiellement enregistrée après le versement de la caution électorale de 25 millions de FCFA le 26 janvier 2026. La Cour constitutionnelle a validé son dossier le 21 février dernier, lui permettant de figurer parmi les prétendants à la succession de Denis Sassou Nguesso.

Un parcours entre administration, affaires et politique
Avant de se lancer dans l’arène politique, Anguios Nganguia Engambé a passé trente-deux ans dans l’administration publique, comme inspecteur des douanes. Une carrière qui l’a conduit à changer de voie pour se tourner vers les affaires, avant que la politique ne le rattrape. Aujourd’hui âgé d’environ soixante ans, il incarne un profil atypique dans le paysage politique congolais. À la tête du PAR, une formation politique créée en mars 2010, il se félicite d’avoir organisé des primaires pour désigner son candidat. « La seule formation politique qui a organisé des primaires pour se trouver son candidat », aime-t-il rappeler, même si dans les faits, le parti se résume souvent à sa propre personne. C’est lui qui gère tout, des frais de localisation d’une salle de presse à ses déplacements à travers le pays. Anguios Nganguia Engambé ne fait pas campagne comme les autres. Pas de réunions publiques, jugées « une perte de temps ». À la place, son équipe distribue des prospectus à travers le pays, pendant que le candidat sillonne le territoire en jet privé ou en hélicoptère. ” Voilà une innovation ! ” s’exclame-t-il, revendiquant un style différent.

Moi président du Congo, le Premier ministre sera une femme !
Lors de la campagne de 2016, il avait fait sensation en louant un jet privé à Paris pour ses déplacements. Une manière de montrer qu’il a les moyens de ses ambitions, même si ses scores électoraux sont restés modestes. Car malgré les résultats, l’homme persiste et signe, convaincu que rien ne peut se faire sans lui au Congo-Brazzaville . Parmi ses propositions récurrentes, une revient souvent : la place des femmes dans la gouvernance. « Moi président du Congo, le Premier ministre sera une femme ! » avait-il lancé en 2016. Sa directrice de cabinet serait également une femme, et il promettait un gouvernement paritaire de 12 femmes et 12 hommes. « Parce que les femmes ont aussi des compétences », justifie-t-il. Un engagement qu’il n’a pas réitéré avec la même force pour 2026, mais qui témoigne d’une sensibilité à la question de l’égalité des genres dans un environnement politique encore très masculin.

Un projet social au cœur de sa campagne
Pour cette élection, Anguios Nganguia Engambé a mis l’accent sur les questions sociales. Il promet de baisser les coûts des loyers dans l’immobilier et les prix des transports, deux préoccupations majeures pour les Congolais. Il évoque également les réformes législatives et le plafonnement du financement des campagnes électorales. Son projet de société, intitulé « Aujourd’hui prépare demain », avait été présenté en version écrite en 2017. Il l’a défendu lors de ses campagnes précédentes comme base de son programme politique. L’une des particularités d’Anguios Nganguia Engambé réside dans son positionnement politique. Son parti, le PAR, est parfois décrit comme proche du pouvoir. Lui-même entretient une relation ambiguë avec le président sortant. « Le président Denis Sassou Nguesso est mon grand-frère », at-il déclaré, tout en affirmant ne pas se présenter pour le compte d’un autre homme politique. Cette proximité supposait lui a valeur des accusations d’être ” le candidat du pouvoir “. Ce qu’il conteste vigoureusement. Interrogé sur son absence de la coalition d’opposition Frodac/IDC, il répond qu’être membre de cette coalition ne conditionne pas l’appartenance à l’opposition. ” Je suis sans doute la seule personne qui a combattu le gouvernement sortant pendant sept ans “, assure-t-il.

Un partisan du dialogue national
Anguios Nganguia Engambé a pris part au dialogue convoqué par le président Denis Sassou Nguesso qui a à propos de la modification de la Constitution. Une participation qui lui a valeur des critiques, mais qu’il justifie comme une simple contribution à un dialogue national. « Ce dernier n’était pas une constituante, encore moins une conférence nationale souveraine », se défend-il. En 2023, il s’est positionné comme un défenseur du libre exercice politique et a appelé au respect de la Constitution, y compris du droit d’expression et de participation politique. Il a également proposé que l’opposition congolaise organise des primaires ouvertes pour désigner un candidat unique en vue de la présidentielle de 2026, exprimant sa disposition à y participer sous cette condition . Avec sept candidats en lice, dont le président sortant Denis Sassou Nguesso qui brigue un cinquième mandat, la présidentielle de mars 2026 s’annonce serrée. Anguios Nganguia Engambé, fort de sa longévité sur la scène politique, espère cette fois-ci faire mieux que ses scores précédents.

En 2021, il avait obtenu 0,18 % des voix
Quels que soient les résultats, Anguios Nganguia Engambé est devenu une figure incontournable des échéances électorales congolaises. Sa persévérance force le respect, même si ses scores restent modestes. En 2021, il avait obtenu 0,18 % des voix, selon la BBC. Un chiffre qui ne l’a pas découragé de se représenter. Reconnu comme auteur par la Bibliothèque nationale de France, il a publié son projet de société par écrit, ce qui le distingue de nombreux candidats. Une trace écrite qui témoigne d’une volonté de laisser une marque au-delà des examens. Pour cette élection, le PAR a organisé des primaires qui ont désigné son président-fondateur avec 1 769 voix contre 45 abstentions. Un score sans appel qui légitime sa candidature au sein de sa formation politique. Reste à transformer l’essai dans les urnes, le 15 mars prochain.

 

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