La proposition de déployer des troupes à Gaza a été débattue jeudi 6 août au Parlement ougandais. Les troupes ougandaises interviendraient dans le cadre de la Force internationale de stabilisation prévue par l’accord de désarmement du Hamas conclu fin juillet. Cette dernière comprendrait déjà la participation du Maroc, du Kosovo, de l’Albanie et du Kazakhstan. Son déploiement fait partie d’une initiative du Conseil de paix, organe créé par Donald Trump et chargé de préparer l’après-guerre.
Cette proposition a été accueillie par les parlementaires ougandais avec une certaine surprise pour certains, puisque cette motion a été présentée en dernière minute par le ministre de la Défense. Cela n’a pas empêché son adoption au terme de cette session parlementaire.
Le ministre Kiryowa Kiwanuka a expliqué que les États-Unis avaient officiellement demandé à l’Ouganda de participer au futur déploiement de la Force internationale de stabilisation (IFS) à la fin du mois de juillet. Des réunions préparatoires auraient même déjà eu lieu entre le commandement des forces armées ougandaises, des officiels américains à Kampala et des représentants de l’IFS.
La participation de l’armée ougandaise se limitera, selon le ministre de la Défense, à « soutenir le cessez-le-feu », à « protéger les civils » accueillis au sein d’une future « zone humanitaire » dédiée et à « faciliter le désarmement » du Hamas dans la bande de Gaza.
Aucune précision n’a été donnée, cependant, sur la taille de ce contingent. Certains députés ont également questionné les risques d’une telle mission pour les soldats ougandais, même si le ministre de la Défense a garanti que les militaires resteront « politiquement neutre ».
Également présent ce 6 août devant l’Assemblée, le major général Henry Masiko Ndarubweine a déclaré que l’engagement des troupes ougandaises dans la Force internationale de stabilisation était une preuve supplémentaire de « leur professionnalisme (…) dans les opérations de maintien de la paix depuis des décennies » sur différents théâtres extérieurs.
Une volonté « de montrer que l’Ouganda reste un allié fidèle des États-Unis » et d’Israël
De son côté, un spécialiste de l’Ouganda estime toutefois que l’adoption de cette motion « fait partie d’une stratégie de positionnement politique de Muhoozi » Kainerugaba, le fils du chef de l’État Yoweri Museveni, qui caresse l’ambition de succéder à son père à la tête du pays et souhaiterait donc « se ménager quelques soutiens à l’étranger », poursuit cet analyste.
Avant d’être présenté devant le Parlement jeudi, le projet avait déjà été annoncé en une du journal New Vision, proche du pouvoir ougandais.
« Avec ce déploiement, l’Ouganda veut montrer le professionnalisme de son armée mais aussi se construire un capital politique », abonde le chercheur belge Kristof Titeca, qui évoque aussi une volonté « de montrer que l’Ouganda reste un allié fidèle des États-Unis »… et d’Israël, comme l’a déjà fait à plusieurs reprises ces derniers mois Muhoozi Kainerugaba.
Samedi 1er août, ce dernier a ainsi assisté à l’inauguration d’une statue en bronze en hommage au frère de l’actuel Premier ministre israélien, Yonatan « Yoni » Netanyahu, dans l’ancien terminal aéroportuaire d’Entebbe où il avait trouvé la mort il y a cinquante ans alors qu’il était à la tête du commando dépêché sur place pour libérer les 106 otages du vol Air France-Tel Aviv détourné en Ouganda par des terroristes palestiniens et allemands.
En janvier dernier, Muhoozi Kainerugaba avait par ailleurs écrit sur le réseau social X : « Israël est dans notre sang. Les juifs sont liés aux Ougandais par des siècles d’histoire » avant de se dire prêt, un peu plus tard, « à déployer 100 000 soldats ougandais en Israël pour protéger les Terres saintes ».



