A Cotonou, le jeudi 6 août 2026, les 25 sénateurs réunis en séance ont procédé à l’élection du bureau de la Chambre haute. Et le choix qui s’est dégagé à l’issue des délibérations porte sur Athanase Patrice Talon, ancien chef de l’État.
Le prédécesseur de Romuald Wadagni troque le fauteuil présidentiel pour celui de la présidence du Sénat. La reconversion politique confère à cette nouvelle institution un poids symbolique et opérationnel considérable dans le légiféré béninois. Patrice Talon, ancien président de la République, a été élu président du Sénat béninois, une première dans l’histoire du pays. Louis Vlavonou, ancien président de l’Assemblée nationale, occupe le poste de vice-président. Alassane Séïdou, ex-ministre de l’Intérieur, a été désigné rapporteur. Madame Adidjatou Mathys, ancienne ministre de la Fonction publique, est rapporteur suppléant. Ce bureau réunit des personnalités ayant exercé de hautes responsabilités,ce qui confère à l’institution une expérience politique et administrative de premier plan.
Patrice Talon, un président qui connaît les arcanes du pouvoir
Élu à la tête du Sénat, Patrice Talon n’est pas un novice. L’ancien président de la République, qui a dirigé le pays pendant deux mandats, connaît mieux que quiconque les rouages de l’État et les équilibres fragiles de la vie politique béninoise. En acceptant la présidence de la chambre haute, il choisit la posture du sage, du garant des débats, plutôt que celle du décideur exécutif. Ce passage de la fonction suprême à celle de président du Sénat est inédit dans l’histoire du Bénin, et confère à l’institution une légitimité renforcée. Le patron du Sénat aura pour tâche de conduire les travaux, d’incarner l’autorité de la chambre et de dialoguer avec les autres pouvoirs constitutionnels. Un rôle qui, entre les mains d’un ancien chef d’État, pourrait bien redéfinir les équilibres institutionnels du pays.
Louis Vlavonou, le vice-président expérimenté
À ses côtés, Louis Vlavonou, ancien président de l’Assemblée nationale, hérite de la vice-présidence. Fort de sa longue expérience des débats parlementaires, il connaît parfaitement les subtilités de la procédure législative et les arcanes de la diplomatie politique. Le vice-président est le bras droit du président, chargé de le suppléer en cas d’absence ou d’empêchement. Dans une chambre où l’on trouve plusieurs anciens ministres et personnalités de haut rang, la capacité de Vlavonou à assurer la continuité des travaux sera un atout précieux. Son profil, à la fois consensuel et rigoureux, devrait faciliter le travail de la nouvelle équipe dirigeante.
Alassane Séïdou, le rapporteur rigoureux
Le poste de rapporteur revient à Alassane Séïdou, ancien ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique. Une fonction déterminante, puisqu’elle confie à son titulaire la supervision des délibérations, le traitement des textes soumis à la chambre et la rédaction des procès-verbaux des séances. Véritable gardien de la mémoire institutionnelle, le rapporteur veille à la rigueur des travaux et à la traçabilité des décisions. Alassane Séïdou, qui a dirigé des services sensibles, est rompu à l’exercice de la gestion rigoureuse, ce qui devrait garantir la qualité et la transparence des travaux du Sénat.
Adidjatou Mathys, rapporteur suppléant, une présence renforcée
Le bureau est complété par la désignation de Madame Adidjatou Mathys, ancienne ministre de la Fonction publique, en qualité de rapporteur suppléant. Une nomination qui renforce l’ancrage institutionnel du Sénat, tout en apportant une dimension technique et administrative de haut niveau. Son expérience des politiques publiques et des réformes de l’État sera précieuse pour seconder Alassane Séïdou dans ses missions et pallier d’éventuelles absences.
En acceptant la présidence de la chambre haute, il choisit la posture du sage, du garant des débats, plutôt que celle du décideur exécutif.
Avec ce bureau composé de figures politiques et administratives d’envergure, le Sénat béninois fait son entrée sur la scène institutionnelle avec une force de frappe certaine. Patrice Talon, Louis Vlavonou, Alassane Séïdou et Adidjatou Mathys cumulent à eux seuls plusieurs décennies d’expérience au sommet de l’État, et incarnent à la fois la continuité et la maturité de la vie politique béninoise. Leur mandat de cinq ans, renouvelable, sera décisif pour ancrer durablement la chambre haute dans le paysage institutionnel, et pour faire du Sénat un lieu de débat éclairé, de contrôle exigeant et de conseil avisé auprès des pouvoirs publics. Les premiers pas de cette institution sont donc placés sous de bons auspices, avec à sa barre un ancien président de la République qui connaît les exigences du pouvoir et les attentes d’une nation en quête de démocratie apaisée.



