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CEDEAO: l’ECO, est officiellement confirmé pour un lancement progressif à partir de 2027

L’inflation régionale a atteint 16,8 % en 2025, bien au-dessus du critère de 5 % fixé pour l’adoption de la monnaie unique. Selon la Commission de la CEDEAO, seuls le Bénin et le Cabo Verde ont rempli simultanément les quatre critères de premier rang en 2024.

La Conférence de Lungi a acté un lancement de l’ECO par étapes en 2027, commençant par les pays ayant atteint les critères de convergence. L’IMAO estime que la conversion monétaire prendra 18 à 24 mois pour un coût supérieur à 2 milliards de dollars. La Guinée a été admise au sein de la Task Force présidentielle sur la monnaie unique.

L’Eco et son implémentation
L’ECO, la monnaie unique tant attendue de la CEDEAO, verra-t-elle enfin le jour en 2027 ? Si l’objectif a été réaffirmé à l’issue de la 69e Session ordinaire de la Conférence des chefs d’État, tenue en juillet 2026 à Lungi, les conditions de sa réalisation ont sensiblement évolué. Le lancement se fera désormais par étapes, en fonction du niveau de convergence des États membres. Décision pragmatique, qui prend acte d’une réalité économique encore très hétérogène dans la région. L’exercice de diagnostic, présenté dans le rapport de la CEDEAO et de l’Agence monétaire de l’Afrique de l’Ouest (IMAO), dresse un tableau contrasté. Certains pays sont prêts, d’autres sont encore loin du compte. Et le chemin à parcourir, pour ceux qui accusent du retard, reste semé d’embûches.

À l’expiration du mandat écoulé, la situation dans les différents États membres était encore très éloignée des critères minimaux, du point de vue de la stricte conformité. L’inflation régionale, qui s’est établie à 16,8 % en 2025 (alors que le critère est fixé à 5 % ou moins) a été largement dépassée par tous les États membres, sauf deux.

L’adoption de la monnaie unique sur le terrain
Les déficits budgétaires, eux aussi, ont dérapé. La majorité des États membres ont enregistré des déficits supérieurs à 4 % du PIB, un autre critère clé pour l’adoption de la monnaie unique. Pourtant, quelques signaux encourageants sont à relever. Selon le rapport CEDEAO-IMAO sur la convergence macroéconomique de 2024, neuf États membres ont satisfait au critère relatif aux réserves brutes extérieures, contre huit en 2023. Et onze ont rempli le critère de financement du déficit budgétaire par la banque centrale, contre dix auparavant.

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Deux États membres dont le Bénin et le Cabo Verde, ont rempli simultanément tous les quatre critères de premier rang en 2024, alors qu’en 2023, seul le Cabo Verde était dans cette catégorie. Six États membres ont rempli au moins trois des quatre critères, contre trois en 2023. Un seul État membre n’a rempli aucun des quatre critères au cours des deux années. Quant aux critères de second rang, six États membres les ont remplis en 2024 ; dix ont rempli l’objectif de variation du taux de change et huit celui de la dette publique. Selon les projections préliminaires pour 2025, quatre États membres respecteraient pleinement les critères de premier rang et huit, au moins trois critères. C’est sous cet angle qu’il convient d’analyser la décision relative au lancement par étapes : une acceptation pragmatique de la réalité, en maintenant l’objectif fixé pour 2027, tout en acceptant une différenciation.

Des coûts et des délais à maîtriser
L’IMAO, de son côté, a poursuivi ses travaux de préparation technique pendant toute la durée du mandat : architecture de système de paiement, cadres de politique monétaire, normes de surveillance bancaire et logistique de conversion monétaire. Selon un rapport de l’IMAO datant de 2024, la mise en œuvre de la conversion monétaire prendrait entre dix-huit et vingt-quatre mois, de la date de la décision politique jusqu’à l’achèvement de la conversion, pour un coût supérieur à 2 milliards de dollars américains. Les travaux techniques sont donc bien avancés. Les conditions politiques et macroéconomiques restent le principal frein. C’est le dossier majeur que la nouvelle équipe dirigeante de la Commission devra s’attacher à régler au cours de sa première année de fonction. La tâche est lourde, mais la fenêtre de tir est désormais identifiée.

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Le lancement par étapes de l’ECO constitue une inflexion majeure dans la stratégie de l’intégration monétaire ouest-africaine. Il reconnaît implicitement que l’hétérogénéité des économies de la région ne permet pas une entrée en vigueur uniforme. Mais il maintient une pression sur les États membres les moins performants, qui devront accélérer leurs réformes s’ils ne veulent pas rester sur le bord du chemin. Reste à savoir si ce réalisme suffira à convaincre les marchés et les populations. L’ECO, après des années de reports et de tergiversations, suscite encore beaucoup d’attentes, mais aussi des doutes. La nouvelle direction de la CEDEAO, entrée en fonction le 1er septembre, aura pour mission de transformer ce pari politique en réalité économique. Le compte à rebours est lancé.

 

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