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La Côte d’Ivoire et le Mali ont levé 170,5 mds de FCFA sur le marché de l’UMOA

La Côte d’Ivoire et le Mali ont levé 170,5 milliards de FCFA sur le marché des titres publics de l’UMOA entre le 1er et le 4 septembre 2026. Les investisseurs ont soumis des offres totalisant 324,98 milliards de FCFA, pour un besoin cumulé de 155 milliards, soit un taux de couverture de 209,67 %.

Les Obligations assimilables du Trésor (OAT) ont représenté 94,53 % des montants levés, les États privilégiant les émissions à moyen et long terme. La Côte d’Ivoire a mobilisé 110 milliards de FCFA, avec un taux de couverture de 257 % sur son opération du 1er septembre. Les émissions initialement prévues au Bénin et au Togo ont été reportées, tandis que quatre pays sont attendus la semaine suivante pour un montant cumulé de 185 milliards. La semaine du 1er au 4 septembre 2026 restera dans les annales du marché financier ouest-africain. La Côte d’Ivoire et le Mali, à eux seuls, ont levé 170,5 milliards de FCFA sur le marché des titres publics de l’UMOA.

La performance témoigne de l’appétit des investisseurs pour les signatures de ces deux pays, dans un contexte régional pourtant marqué par des incertitudes politiques et sécuritaires. Face à un besoin cumulé de 155 milliards de FCFA, les investisseurs ont soumis des offres totalisant 324,98 milliards, portant le taux de couverture à 209,67 %. Un excès de demande qui a permis aux trésors nationaux de sélectionner les propositions les plus favorables, avec un taux d’absorption des offres s’établissant à 52,46 %. Les émissions initialement prévues au Bénin et au Togo ont, quant à elles, été reportées, laissant le champ libre aux deux pays vedettes de la semaine.

La Côte d’Ivoire, favorite des investisseurs
L’opération ivoirienne du 1er septembre a été un véritable succès. Le Trésor, qui recherchait 100 milliards de FCFA, a finalement levé 110 milliards, attirant 256,996 milliards de propositions, soit un taux de couverture de 257 %. Un engouement tel que les autorités n’ont retenu que 42,80 % des offres. L’émission comprenait un Bon assimilable du Trésor (BAT) à 364 jours et trois OAT de trois, cinq et sept ans. Le BAT, pourtant proposé, n’a vu aucune offre retenue sur les 17 milliards de FCFA soumis.

Le Trésor ivoirien a clairement privilégié les obligations à moyen et long terme. Sur l’OAT à trois ans, 14,22 milliards ont été acceptés ; sur celle à cinq ans, 87,86 milliards, soit l’intégralité de l’offre ; et sur celle à sept ans, 7,92 milliards ont été retenus. Les rendements moyens pondérés ont atteint respectivement 6,33 %, 7,06 % et 7,17 %. Cette préférence pour les OAT n’est pas anodine. Elle reflète la confiance des investisseurs dans la trajectoire économique ivoirienne, et leur volonté de s’engager sur des horizons plus longs, malgré un environnement régional parfois instable.

Le Mali, une signature qui séduit
De son côté, le Mali a mobilisé 60,5 milliards de FCFA le 2 septembre, dépassant son objectif de 55 milliards. L’opération a suscité 67,99 milliards de propositions, soit un taux de couverture de 123,61 %, avec un taux d’absorption des offres de 88,99 %, nettement supérieur à celui de la Côte d’Ivoire. Le Trésor malien proposait un BAT à 364 jours et deux OAT de trois et cinq ans. Le BAT a recueilli 14,81 milliards de FCFA, dont 9,33 milliards ont été retenus.

L’OAT à trois ans a enregistré 42,24 milliards de propositions, pour 40,23 milliards retenus. Sur l’OAT à cinq ans, les 10,94 milliards de FCFA proposés ont été intégralement acceptés. Les rendements moyens pondérés se sont établis à 4,89 % pour le BAT, 7,69 % pour l’OAT à trois ans et 7,40 % pour l’OAT à cinq ans. La performance du Mali, pays confronté à des défis sécuritaires et politiques majeurs, est remarquable. Elle témoigne de la résilience de sa signature sur le marché financier régional, et de la confiance que les investisseurs continuent d’accorder à ses engagements.

La domination des OAT, signe d’une maturité du marché
Les Obligations assimilables du Trésor ont largement dominé les opérations de la semaine. Elles ont représenté 161,17 milliards de FCFA, soit 94,53 % du montant total levé, contre 9,33 milliards pour les BAT, soit à peine 5,47 %. Les États ont donc privilégié les obligations à moyen et long terme, qui ont concentré la quasi-totalité des montants effectivement retenus. Cette préférence est particulièrement visible en Côte d’Ivoire, où les OAT de cinq ans ont représenté à elles seules 87,86 milliards de FCFA de titres retenus. Elle traduit une maturation du marché obligataire régional, où les investisseurs sont désormais prêts à s’engager sur des durées plus longues, en quête de rendements attractifs.

La Côte d’Ivoire a également dominé les propositions des investisseurs, avec 236,06 milliards de FCFA, soit 72,64 % du total. Le Mali arrive loin derrière avec 54,79 milliards (16,86 %), suivi du Togo avec 22,01 milliards (6,77 %). Le Burkina Faso, le Sénégal, la Guinée-Bissau et le Bénin ont soumis des propositions plus modestes, pour des montants respectifs de 4,29, 3,42, 2,60 et 1,40 milliard de FCFA. La semaine du 8 au 11 septembre sera également riche sur le marché régional.

Quatre pays sont attendus : la Guinée-Bissau (15 milliards FCFA), le Burkina Faso (50 milliards), le Niger (20 milliards) et le Sénégal (100 milliards). Un montant cumulé de 185 milliards de FCFA, qui permettra de tester la confiance des investisseurs dans d’autres signatures de la région. Le succès des opérations ivoirienne et malienne pourrait servir de baromètre pour les émissions à venir.

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