11062026Headline:

RCI: Grand-Bassam Valide les rapports pour structurer son économie bleue

La Côte d’Ivoire poursuit la construction de sa stratégie nationale de l’économie bleue. Réunis les 30 et 31 juillet à Grand-Bassam, administrations, chercheurs, secteur privé et partenaires techniques ont passé au crible les rapports élaborés par quatre groupes thématiques.

Cette étape de validation doit permettre de transformer plusieurs mois de réflexion en une feuille de route opérationnelle au service de la souveraineté alimentaire, de la croissance économique et de la préservation des écosystèmes.

Organisé dans le cadre du projet de coopération technique TCP/IVC/4003, l’atelier porte sur quatre axes jugés prioritaires : l’aquaculture, les déchets plastiques en milieu marin et côtier, la qualité des eaux continentales et la contribution de l’économie bleue à l’économie nationale. L’objectif est de consolider les recommandations formulées par les experts avant leur adoption.

Une tendance à inverser
Ouvrant les travaux au nom du ministre des Ressources animales et halieutiques, le Dr Kaba Ibrahima, conseiller technique, a rappelé que cette démarche traduit « la volonté du Gouvernement de fonder ses décisions sur des diagnostics solides, partagés et validés collectivement ».

Pour les autorités, les défis restent importants. Malgré un littoral de plus de 560 kilomètres, un vaste réseau lagunaire et d’importantes ressources en eaux continentales, la Côte d’Ivoire demeure fortement dépendante des importations de produits halieutiques. La production nationale, estimée à environ 110 000 tonnes par an, couvre une faible partie des besoins évalués à près de 650 000 tonnes. Chaque année, cette situation entraîne des importations de poissons congelés évaluées à près de 400 milliards de FCFA.

Face à ce constat, le gouvernement veut faire de l’économie bleue un levier de transformation économique.

« Le Gouvernement entend inverser cette tendance : mieux connaître ce patrimoine, en mesurer la contribution réelle à notre économie, et bâtir les cadres institutionnels, juridiques et financiers qui permettront de l’exploiter durablement », a déclaré le représentant du ministre.
Cette ambition s’inscrit dans le Plan national de développement (PND) 2026-2030 ainsi que dans la Politique nationale de développement de la pêche et de l’aquaculture (PONADEPA 2026-2030). Au-delà de l’augmentation de la production, les autorités misent sur une meilleure valorisation du potentiel halieutique, la protection des milieux aquatiques et le développement d’activités génératrices d’emplois, notamment pour les jeunes et les femmes.

“Outils d’aide à la décision”
Partenaire du processus depuis les premières phases de réflexion, la FAO accompagne le gouvernement ivoirien dans la formulation de cette stratégie. Son représentant en Côte d’Ivoire, Joseph Nyemah, dont l’allocution a été prononcée par Dedi Séraphin, chargé des programmes, a rappelé que les rapports soumis à validation ne doivent pas rester « de simples documents techniques destinés à rester dans nos archives ». Ils constituent, selon lui, des « outils d’aide à la décision » appelés à éclairer l’action publique, orienter les financements et renforcer la cohérence entre les secteurs concernés.

L’organisation des Nations unies souligne que l’économie bleue dépasse les seules activités de pêche. Elle englobe la gestion responsable des ressources naturelles, le renforcement des chaînes de valeur de l’aquaculture, la sécurité alimentaire, l’adaptation au changement climatique et une meilleure gouvernance des espaces maritimes et continentaux. Elle a réaffirmé sa disponibilité à poursuivre son appui technique afin d’accompagner la mise en œuvre des recommandations issues de l’atelier et de faciliter le dialogue entre les différentes parties prenantes.

Les autorités comme la FAO ont également insisté sur le rôle déterminant du secteur privé. Le gouvernement entend créer un environnement propice aux capitaux privés dans l’aquaculture, la transformation des produits halieutiques, la chaîne du froid, la logistique et les services associés. Pour l’agence onusienne, l’engagement des entreprises sera indispensable pour donner une traduction concrète aux orientations retenues.

À l’issue des travaux de Grand-Bassam, les recommandations des quatre groupes thématiques seront consolidées dans un rapport de synthèse, prélude à un plan d’action destiné à mieux valoriser le potentiel maritime, lagunaire et continental de la Côte d’Ivoire.

What Next?

Recent Articles