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Testament d’Aliko Dangote : Il lèguerait 11,6 milliards de dollars à la philanthropie

liko Dangote, l’homme d’affaires nigérian considéré comme la première fortune d’Afrique, a inscrit dans son testament une disposition exceptionnelle de léguer un tiers de sa fortune à des actions caritatives. Selon sa fille Halima Dangote, cette décision, conforme aux règles de succession de l’islam, représenterait environ 11,6 milliards de dollars.

Sa fortune actuelle est estimée à 35,1 milliards de dollars par le Bloomberg Billionaires Index. Un engagement rare sur le continent, où les initiatives philanthropiques d’une telle ampleur restent encore marginales. Mais au-delà du chiffre, c’est une philosophie de vie et un modèle de transmission qui se dessinent, à contre-courant des pratiques habituelles des grandes fortunes africaines. L’information a été révélée par Halima Dangote, administratrice de la Fondation Aliko Dangote, lors d’un entretien accordé à Bloomberg. Selon elle, son père a soumis cette disposition à l’approbation de ses trois filles ainsi que de sa propre mère, dans le respect des principes de succession prévus par la tradition islamique. Le geste qui traduit une conception familiale et spirituelle de la transmission du patrimoine, où le partage avec les plus démunis est érigé en devoir. « Donner en retour fait partie de notre manière d’agir. Si notre entreprise a réussi, c’est aussi parce que nous avons toujours estimé qu’il était important de partager », a-t-elle déclaré, résumant la philosophie qui guide depuis longtemps les engagements philanthropiques de la famille Dangote.

Sa philanthropie encore rare en Afrique
L’engagement annoncé par Aliko Dangote demeure inhabituel à l’échelle du continent. Selon Oxfam, près de la moitié des cinquante pays les plus inégalitaires au monde se trouvent en Afrique, tandis que les initiatives publiques de très grands donateurs restent limitées. La promesse de Dangote n’atteint toutefois pas le seuil fixé par le Giving Pledge, une initiative internationale invitant les milliardaires à consacrer au moins la moitié de leur fortune à des causes philanthropiques. Plus de 250 personnalités fortunées y ont adhéré à travers le monde, mais en Afrique, seuls quelques entrepreneurs ont rejoint ce cercle, parmi lesquels le Sud-Africain Patrice Motsepe, les Zimbabwéens Strive et Tsitsi Masiyiwa, ou encore le Tanzanien Mohammed Dewji.

Près de 70 % de ses financements sont consacrés à des projets au Nigeria, tandis que 20 % soutiennent des programmes dans d’autres pays africains
Pour Katja Schiller Nwator, fondatrice de l’institut nigérian Philanthropy Circuit, le Giving Pledge ne constitue pas nécessairement la référence la plus adaptée au continent africain. Elle estime que la philanthropie en Afrique repose souvent sur des mécanismes familiaux, communautaires ou religieux, auxquels s’ajoutent désormais les fondations créées par plusieurs grandes fortunes. Selon elle, l’enjeu ne se limite pas au volume des dons, mais concerne également les institutions durables que ces initiatives permettent de bâtir. Un rapport publié par Oxfam en 2025 souligne que, depuis 2020, les revenus du 1 % le plus riche en Afrique ont progressé cinq fois plus rapidement que ceux de la moitié la plus modeste de la population. Un constat qui donne à l’engagement de Dangote une portée politique et sociale particulière.

La fondation active au Nigeria et au-delà
Créée en 1994, la Fondation Aliko Dangote a reçu une dotation de 1,25 milliard de dollars il y a une dizaine d’années, avant de bénéficier d’un nouvel apport de 700 millions de dollars. Près de 70 % de ses financements sont consacrés à des projets au Nigeria, tandis que 20 % soutiennent des programmes dans d’autres pays africains. Le reste est destiné à des actions internationales, notamment une contribution versée au Programme alimentaire mondial après les inondations qui ont frappé le Pakistan en 2010. La fondation collabore également depuis plusieurs années avec la Fondation Bill & Melinda Gates et plusieurs États du nord du Nigeria dans les campagnes de lutte contre la poliomyélite. L’Afrique a été déclarée exempte de poliovirus sauvage en 2020, une victoire à laquelle la fondation Dangote a contribué de manière significative. Santé, éducation, nutrition, autonomisation des femmes : les domaines d’intervention sont vastes, reflétant une vision holistique du développement.

En léguant un tiers de sa fortune à des causes philanthropiques, Aliko Dangote ne se contente pas de transmettre une part de son patrimoine. Il offre un modèle de responsabilité sociale et de transmission éthique, dans un contexte où les inégalités se creusent sur le continent. Sa décision, ancrée dans une tradition religieuse et familiale, pourrait inspirer d’autres grandes fortunes africaines à suivre cette voie. Comme le rappelle sa fille Halima, « donner en retour fait partie de notre manière d’agir ». Une philosophie qui, si elle était partagée par davantage de milliardaires, pourrait contribuer à réduire les écarts et à bâtir une Afrique plus juste et plus solidaire. L’héritage d’Aliko Dangote ne se mesurera pas seulement en milliards de dollars, mais aussi en vies transformées et en institutions renforcées.

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