L’Autorité de régulation des transports estime dans un rapport que les sociétés concessionnaires d’autoroutes vont devoir investir plus de 10 milliards d’euros pour les rendre en bon état.
Elles vont devoir mettre la main à la poche. Dans un rapport publié ce samedi, l’Autorité de régulation des transports (ART) estime que les sociétés concessionnaires vont devoir investir plus de 10 milliards d’euros pour rendre les autoroutes en bon état d’ici la fin des concessions entre 2031 et 2036. C’est un « chantier inédit et complexe », souligne l’ART, mettant en avant la question cruciale de la fin des concessions autoroutières.
Car à l’approche de l’expiration des contrats, comment s’assurer que les sociétés ne freineront pas leurs investissements et refileront la patate chaude à leurs successeurs. « Les obligations de fin de contrat doivent être précisées pour permettre leur achèvement dans de bonnes conditions », insiste l’ART. Car selon elle, les contrats sont « incomplets », ne proposent pas de définition objective du « bon état de l’autoroute à sa restitution » et sont « ambigus » en laissant une marge d’interprétation « quant aux obligations d’investissement restant à la charge du concessionnaire ».
L’entretien des chaussées et des ouvrages d’art
Concédant que l’état des autoroutes est « objectivement bon », l’ART estime que les sociétés d’autoroutes « dépensent aujourd’hui 800 millions d’euros par an pour entretenir l’infrastructure ». Il faudrait donc qu’elles consacrent 4 milliards sur les cinq dernières années de leurs contrats.
Mais l’ART recommande aussi « un effort supplémentaire d’entretien » estimé à 1,2 milliard d’euros « sur le seul périmètre des chaussées et ouvrages d’art ». Ils ne sont pas dangereux aujourd’hui, mais pourraient « présenter un risque à terme et nécessiter des travaux coûteux après l’échéance des concessions », explique Thierry Guimbaud, président de l’ART dans un entretien accordé au journal Le Monde.



