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Acte II des manifestations: Mélenchon a sommé Macron de « céder » face aux revendications sociales

70 000 policiers et gendarmes ont été mobilisés à travers la France, soit 20 % de plus que la semaine précédente, selon les autorités. La préfecture a imposé un changement de parcours à Paris, déplaçant le cortège de Bastille vers la porte d’Italie, une décision vécue comme une provocation par les manifestants et les syndicats.

Jean-Luc Mélenchon a haussé le ton en demandant à Emmanuel Macron de « céder » avant qu’il ne lui reste « que la porte de sortie », prédisant une « grève générale » à venir. À Orléans, la contre-manifestation face au RN a mobilisé entre 11 000 et 26 000 personnes, avec un appel à la non-violence de Sophie Binet (CGT), qui estime que les dégradations servent l’extrême droite. Le bilan de la mi-journée fait état de 35 000 manifestants en France et de 135 interpellations, sans incident majeur rapporté, malgré un contexte sécuritaire tendu. C’est un face-à-face sous très haute surveillance qui s’est joué ce samedi 24 octobre sur le pavé français. De Paris à Orléans, en passant par Lyon, des dizaines de milliers de manifestants ont répondu présents pour un deuxième acte social. Dans un climat alourdi par l’attentat raciste de Trappes la veille, l’exécutif a déployé un dispositif sécuritaire massif. Mais la détermination des opposants reste intacte.

Force est de constater que la tension ne redescend pas d’un cran. À six mois de la présidentielle, la France vit au rythme d’une mobilisation qui s’installe dans la durée. Gilets jaunes, syndicats, lycéens et étudiants ont convergé pour dénoncer la vie chère et la précarité. Pour parer à tout débordement après les violences du 17 octobre, le gouvernement n’a pas lésiné sur les moyens : 70 000 policiers et gendarmes ont été déployés, soit une hausse de 20 % par rapport à la semaine précédente. En début d’après-midi, le ministère de l’Intérieur recensait 35 000 manifestants dans tout le pays et 135 interpellations.

Paris : un parcours modifié, une colère intacte
En première ligne, la capitale a été le théâtre d’un jeu de dupes entre les organisateurs et les autorités. Prévoyant initialement un départ de Bastille, le cortège a finalement dû s’élancer de la porte d’Italie pour rejoindre la porte de Vincennes. Une décision de la préfecture validée par la justice, mais vécue comme une provocation par les manifestants. Dans la foule, Jean-Luc Mélenchon n’a pas mâché ses mots. Le leader des Insoumis a exhorté Emmanuel Macron à « céder » face aux revendications, estimant qu’après, « il ne lui restera plus que la porte de sortie ».

« Il va comprendre que ça va se répéter toutes les semaines », a-t-il prédit, appelant l’exécutif à « arrêter les provocations ». Pour lui, l’avenir immédiat s’appelle la grève générale, annoncée pour le 5 novembre par la CGT. Du côté des jeunes, la colère est tout aussi palpable. « On veut des masters pas des poulets », pouvait-on lire sur les pancartes à Lyon, où un rassemblement a été dispersé par les forces de l’ordre. À Paris, Sabrine Kharbach, porte-parole de l’Union étudiante, a dénoncé un système éducatif discriminatoire et a réclamé l’abrogation pure et simple de Parcoursup.

Orléans : la contre-manifestation au congrès du RN
Si Paris tenait le haut de l’affiche, Orléans a concentré une autre bataille politique. Alors que le Rassemblement national y tenait son congrès et le premier grand meeting de Marine Le Pen, la CGT et la gauche ont organisé une contre-manifestation. Ils étaient entre 11 000 (selon la préfecture) et 26 000 (selon les organisateurs) à défiler. En tête de cortège, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a lancé un appel à la non-violence, tout en chargeant l’exécutif. « On le voit bien, les dégradations et les violences ça sert le gouvernement et ça sert l’extrême droite, parce que depuis une semaine, on ne parle plus des revendications sociales des jeunes et des travailleurs », a-t-elle martelé. Un appel au calme qui résonne comme un avertissement politique.

Une stratégie sécuritaire très critiquée
En coulisses, la méthode du gouvernement passe mal. Face aux risques de débordements, les autorités ont multiplié les interdictions de rassemblements, les couvre-feux pour les mineurs (prolongés à Lille et dans le Nord) et les périmètres interdits. Des mesures qui ont valu à l’exécutif des accusations de dérive autoritaire par la gauche.

« Le fait qu’on soit interdit de manifester, je trouve ça terrible, c’est un droit », déplorait Maxime, 18 ans, les yeux rougis par les lacérations de gaz. Pour les manifestants, la stratégie de l’État vise moins à protéger les biens qu’à étouffer la contestation. Une lecture que réfute le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, qui a salué un bilan à la mi-journée sans incidents majeurs, grâce à des contrôles préventifs et la saisie de « matériel destiné à être utilisé comme arme par destination ».

Climat délétère à six mois de la présidentielle
Les appels à la « concorde républicaine » se heurtent à une réalité politique brûlante. Le gouvernement promet la fermeté et la transparence, tandis que la rue exige des réponses immédiates à la crise du pouvoir d’achat et des services publics. Ce deuxième acte confirme une chose : la colère n’est pas un feu de paille. Avec la journée du 5 novembre qui se profile et une rentrée parlementaire qui s’annonce houleuse, l’exécutif se retrouve face à un dilemme. Céder aux revendications pour apaiser le pays, ou camper sur ses positions et risquer l’enlisement. L’Histoire nous dira si ce 24 octobre restera comme le jour où le pouvoir a compris le message, ou celui où la fracture s’est définitivement creusée.

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