
Moindre mal pour mettre fin à une guerre commerciale entre « Superpuissances ». Le sort de ce nouveau compromis repose sur les dernières volontés de Donald Trump et Xi Jinping. Dans la nuit de mardi à mercredi que les négociateurs chinois et américains ont annoncé avoir trouvé un « cadre général » destiné à organiser leurs échanges commerciaux et à contenir leurs différends. La déclaration est intervenue à l’issue de deux journées de discussions menées à Londres, parfois tard dans la soirée.
Les Etats-Unis et la Chine en tête-à-tête pour revenir à la raison
« Les deux parties sont parvenues à un accord de principe sur un cadre général et vont en rendre compte à leurs dirigeants respectifs », a déclaré à la presse Li Chenggang, représentant chinois au Commerce international, peu avant minuit heure locale. Côté américain, le ministre du Commerce, Howard Lutnick, a confirmé les propos de son homologue chinois. « L’idée est de rentrer, de parler au président Trump, et de s’assurer qu’il approuve. Eux feront de même avec le président Xi », a-t-il expliqué.
La mise en œuvre de ce cadre dépendra de l’accord des deux chefs d’État. Lutnick s’est également montré optimiste quant au traitement des tensions liées aux terres rares, un dossier sensible dans la relation commerciale sino-américaine. Les terres rares, métaux essentiels dans la fabrication de batteries, d’équipements militaires et de technologies vertes, ont été au cœur des échanges entre les deux délégations.
Les États-Unis cherchent à relancer le volume de leurs importations, fortement réduit ces derniers mois, un niveau jugé insuffisant pour répondre aux besoins industriels. Selon Kevin Hasset, principal conseiller économique de Donald Trump, le ralentissement des exportations chinoises entrave plusieurs secteurs stratégiques. En retour, Pékin souhaiterait que Washington assouplisse ses contrôles à l’exportation sur certains produits chinois, dans l’espoir de rééquilibrer la relation.
La rencontre de Londres visait aussi à prolonger une trêve temporaire conclue un mois plus tôt à Genève. Cette pause de 90 jours avait permis une baisse significative des droits de douane des deux côtés, Washington ayant accepté de réduire ses taxes sur les produits chinois de 145 % à 30 %, tandis que Pékin avait consenti un effort similaire, ramenant les siennes de 125 % à 10 %.
Au bénéfice de cet accord provisoire, les tensions demeurent même si l’objectif est de sauver l’essentiel. L’administration Trump a récemment reproché à Pékin de ne pas avoir respecté les termes de la désescalade signée en Suisse. Mais un échange téléphonique entre Donald Trump et Xi Jinping, jugé constructif par la Maison Blanche, a contribué à relancer les discussions.
Lors du point presse à Londres, Li Chenggang a décrit des négociations « professionnelles, rationnelles et franches ». Un ton également adopté par Jamieson Greer, représentant au Commerce des États-Unis, qui a salué les efforts réalisés, tout en reconnaissant la complexité des relations actuelles avec la Chine.


