Environ 4 000 personnes ont manifesté dimanche à Paris pour saluer la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué lors de frappes américaines et israéliennes, tandis que plusieurs centaines d’autres se rassemblaient contre une intervention israélo-américaine jugée illégale.
“On s’est rapproché de notre liberté” : quelques milliers d’Iraniens ont défilé dimanche 1ᵉʳ mars à Paris après les attaques lancées par les États-Unis et Israël contre la République islamique d’Iran qui ont conduit à la mort du guide suprême Ali Khamenei, une intervention internationale que certains dénoncent.
“C’est le début de la fin, savoure Suzie Ziai, mais il ne faut pas trop danser non plus, il faut maintenant que le régime tombe.”
“Même si j’habite en France, j’ai toujours l’impression d’avoir un rocher sur le dos et que je n’arrive pas à respirer. Là, je respire un peu mieux mais ça n’est pas suffisant”, ajoute-t-elle.
Comme Suzie Ziai, née en Iran et arrivée en France en 1980, ils ont été 4 000 selon la police à défiler dimanche après-midi contre la République islamique d’Iran.
Une banderole “Iran, vie, liberté avec Reza Pahlavi”, l’héritier du shah d’Iran, a ouvert le défilé, une autre “Make Iran Great Again” avec le visage de Pahlavi, son père et son grand-père a aussi été déployée.
“Je fonde beaucoup d’espoirs sur le prince héritier car je pense qu’il est le plus adapté pour faire la transition”, défend Suzie Ziai, “c’est le plus démocrate, le plus international, il a beaucoup de crédibilité”.
“Derrière les barreaux”
Dans la nuit de samedi à dimanche, les autorités du pays ont confirmé la mort d’Ali Khamenei que certains, comme Amir (un réfugié politique iranien qui n’a pas souhaité donner son nom), “auraient préféré voir derrière les barreaux d’une prison” pour répondre de ses actes.
Rama Ekhtiari, 44 ans, née à Téhéran, arrivée en France à l’âge de trois ans, est venue à Bastille en famille.
“On est venu fêter la mort de Khamenei et on continue de se battre pour que le régime tombe et qu’on puisse célébrer ça le jour J. Mais c’est déjà un bon début”, lance-t-elle.
On fait confiance à Israël et aux États-Unis” pour mettre à bas la République islamique, ajoute Rama Ekhtiari, au son des “République islamique, assassin pour nos enfants” et “Non à la République islamique terroriste en Iran” scandés autour d’elle.
N’a-t-elle pas peur que des civils payent de leur vie ? “Si, (…) mais ce qui est plus dangereux finalement, ce ne sont pas les bombes israéliennes, ce sont les Gardiens de la Révolution qui tuent les gens qui manifestent en Iran”, rétorque-t-elle.
“Contraire au droit international”
Un peu plus tôt place de la République, quelques centaines de personnes se sont rassemblées pour protester, elles, contre les frappes israélo-américaines en Iran, contraires “au droit international”.
“Nous sommes là pour condamner l’intervention israélienne et américaine contre la République islamique d’Iran et en même temps condamner (le régime) qui n’a fait que provoquer des tensions au niveau international d’un côté et une répression féroce et un massacre sans nom contre deux soulèvements”, a déclaré à l’AFP Behrooz Farahany, 67 ans, Franco-iranien arrivé en France en 1982.




