En France, les salariés du Samu social mènent une grève historique depuis le 23 juin 2026. Rejoints par les demandeurs d’hébergement et par plusieurs associations dont Utopia56, ils sont plus de 350 à occuper le parvis du Samu social, au sud-est de Paris. Une mobilisation pour protester contre une politique d’austérité menée au sein de la structure, au détriment des usagers et accompagnants.
Tout est parti d’une annonce : début juin, le Samu social prévient ses salariés que des économies doivent être réalisées, et, pour cela, annonce que 861 nuitées journalières doivent être supprimées, entraînant la remise à la rue de nombreux bénéficiaires.
Un non-sens pour Elena, salariée au Samu social, en grève depuis le 23 juin, soit depuis 48 jours. « Cela a été l’étincelle qui a mis le feu aux poudres, raconte-t-elle. Autant on peut travailler avec des bouts de ficelle dans des conditions très compliquées – on sait pourquoi on le fait -, mais si on perd le sens de ce que l’on fait, ce n’est plus possible. »
« Un enfant de trois mois et un jour ne sera plus prioritaire »
La grève a permis quelques relogements. Mais ces derniers jours les usagers ont reçu des messages téléphoniques leur demandant de quitter leurs logements provisoires. La cause : ils ne sont plus prioritaires.
« Une femme enceinte de moins de sept mois de grossesse ne sera pas prioritaire. Un enfant de trois mois et un jour ne sera plus prioritaire », précise Elena.
Économiser sur la part des relogés, mais également sur les moyens d’action des travailleurs sociaux : un double enjeu symptomatique de la considération du domaine social selon elle. « Aujourd’hui ce qu’on dénonce, c’est que nos conditions de vie et de travail sont intrinsèquement liées à nos conditions d’accompagnement », ajoute-t-elle.
Elena compte mener la « mobilisation jusqu’à la victoire » pour reloger l’intégralité des demandeurs mis à la rue.



