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Le nord-ouest des États-Unis et du Canada en proie aux incendies

Les feux de forêt se multiplient en Amérique du Nord, des incendies fulgurants qui ont ravagé ces derniers jours Spokane, la deuxième plus grande ville
de l’État de Washington, à l’est de Seattle. Ils s’inscrivent dans un contexte de sécheresse extrême et de fortes chaleurs dans la région.

Sur les vidéos tournées par des habitants de Spokane, des maisons sont englouties par les flammes, des voitures en cendres, et un panache de fumée s’étend au-delà de la ville de 230 000 habitants. Selon le gouverneur de l’État de Washington Bob Ferguson, il s’agit de la quatrième année consécutive de sécheresse dans la région.

Ces incendies s’inscrivent par ailleurs dans un contexte de fortes chaleurs. Dimanche 2 août au matin, les feux avaient déjà ravagé plus de 2 000 hectares et forcé 60 000 personnes à évacuer la région de Spokane, selon les autorités locales.

Dave Upthegrove, commissaire aux terres publiques de l’État de Washington, parle d’une saison des feux « exceptionnelle », et assure que la conjonction de conditions météorologiques défavorables et la multiplication des incendies dans tout l’Ouest « mettent les personnes mobilisées à rude épreuve ».

L’État de Washington est loin d’être le seul touché dans le pays, puisqu’une grande partie du nord-ouest américain est en proie aux flammes. Les pompiers luttent depuis dix jours contre des feux dans l’Idaho et l’Oregon, et le Service météorologique national a émis ces derniers jours des alertes rouges pour risque d’incendies dans certaines régions de l’Utah, du Montana et du Nebraska.

 

Selon l’ONU, près de deux millions d’hectares ont brûlé aux États-Unis depuis le début de l’année 2026 : des chiffres bien au-dessus de la moyenne observée ces dix dernières années, selon le National Interagency Fire Center.

Le Canada aussi en proie aux flammes

Pour le Canada, il s’agit de la pire saison de feux de forêt jamais connue : 3,8 millions d’hectares brûlés en 2026.

Ce sont souvent des feux non maîtrisés, car ils se trouvent dans des zones reculées, explique la géographe Pauline Vilain-Carlotti, directrice d’études risque d’incendie de forêt au bureau d’études Warucene et auteure de L’Épreuve du feu. Habiter autrement la Terre, aux éditions Flammarion. « La stratégie privilégiée en Amérique du Nord, le “let it burn” [“laissez brûler”], c’est de se focaliser sur la défense des points sensibles, humains, et pas sur les espaces de végétation », explique-t-elle.

Mais cette stratégie, héritée des incendies du parc de Yellowstone en 1988, se heurte au changement climatique, selon la chercheuse. Car il augmente le risque d’incendies et eux-mêmes gagnent en intensité et en puissance destructrice avec la chaleur et les précipitations. Cela met en danger la pérennité des forêts.

En 2023, le Canada avait connu des feux particulièrement dévastateurs, avec près de 18 millions d’hectares réduits en cendre. Un record, pour ce pays dépourvu d’agence nationale chargée de coordonner les interventions d’urgence. La gestion des incendies relève donc de la compétence des provinces et des territoires, mais les appels se multiplient depuis plusieurs années pour créer un centre national capable d’anticiper les feux de forêt.

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