Pour les partis de Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam, les deux principaux partis d’opposition, ce qui s’est passé le 25 octobre 2025 jour du déroulement du scrutin en Côte d’Ivoire n’est nulle autre qu’« un braquage électoral méthodiquement organisé ».
« Ce qui s’est déroulé ce jour-là n’a rien d’une élection démocratique », a déclaré Me Habiba Touré, au nom du Front commun PDCI-PPA-CI.
Un coup d’Etat civil
« Ce fut un coup d’État civil. Un braquage électoral méthodiquement organisé, à ciel ouvert, au mépris du droit, de la démocratie et de la volonté souveraine du peuple », a fait savoir la porte-parole de la plateforme. Pour cette élection marquée par un faible taux de participation, selon plusieurs observateurs, les principales figures de l’opposition dont Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam ont été exclus en raison de décision de justice controversée.
Dans le communiqué cosigné par le PDCI-RDA et le PPA-CI, le Front commun accuse le régime d’avoir « érigé l’exclusion, la manipulation et la peur en stratégie électorale », transformant le scrutin en une « opération de confiscation du pouvoir par la force ». A l’appel du Front commun, des manifestations ont éclatés dans plusieurs villes et localités de l’intérieur du pays, depuis le samedi 11 octobre 2025, pour protester contre le 4e mandat du président Alassane Ouattara qu’il estime illégal.
Ces manifestations sévèrement réprimées ont fait plusieurs victimes notamment de nombreux civils tués et 1 gendarme mort. Selon le procureur de la République, plus de 700 personnes ont été interpellés. Evoquant, les évènements survenus dans la nuit du 25 au 26 octobre 2025 à Nahio et Niamayo, Me Habiba Touré, des violences meurtrières, qui ont causé plusieurs morts et blessés.
Un enfant ivoirien est mort, et le silence du régime est assourdissant
À Toumodi, elle a révélé que des habitants auraient été « gazés pour avoir refusé de participer à la mascarade électorale », tandis qu’un adolescent de 13 ans, N’Guessan Kouadio Richard, aurait été tué par balle lors d’une manifestation. « Un enfant ivoirien est mort, et le silence du régime est assourdissant », déplore t-elle.
Selon la porte-parole du Front commun, ces violences « ciblées » visaient à « punir les populations qui ont contesté le 4e mandat » du président Ouattara, qu’il considère comme anticonstitutionnel. Il réclame une enquête nationale et internationale sur ces exactions et exige « la libération immédiate des manifestants arrêtés », ainsi que « l’abandon des poursuites » engagées contre les opposants.
Les deux partis appellent également à la tenue de nouvelles élections libres, transparentes et inclusives, considérant que « le peuple n’a pas voté, mais a été volé ». Ils annoncent la poursuite des marches pacifiques quotidiennes jusqu’au « rétablissement de l’ordre constitutionnel ».
Le communiqué dénonce aussi le discours jugé « dangereux » d’Alassane Ouattara lors de son meeting de clôture, le 23 octobre, au cours duquel il aurait comparé ses opposants à des « chiens ». Pour le Front commun, ces propos constituent une « déshumanisation politique » susceptible d’encourager la violence.
L’opposition accuse enfin la communauté internationale, notamment la France, de « deux poids deux mesures » et de « silence complice » face à ce qu’elle considère comme une dérive autoritaire. Elle rappelle les précédents épisodes de violences, citant Duékoué, Nahibly ou Nahio, et affirme que « la Côte d’Ivoire n’est pas une monarchie, mais appartient à son peuple ».
Le Front commun PDCI–PPA-CI conclut en réaffirmant son engagement pour « une Côte d’Ivoire libre, démocratique et réconciliée », appelant les Ivoiriens à « poursuivre la résistance pacifique » contre le 4e mandat du chef de l’État.



