L’affirmation selon laquelle le porte-parole ou un responsable syndical des Affaires maritimes serait décédé en détention est fausse. Le Ministère délégué chargé des Affaires maritimes a officiellement démenti cette rumeur.
Elle a enflammé les réseaux sociaux en l’espace de quelques heures. Une publication affirmant que le porte-parole des agents des Affaires maritimes, arrêté lors des récentes manifestations à Abidjan, a été retrouvé mort sur son lieu de détention circule abondamment sur la toile ivoirienne.
« Assassinat »
Selon plusieurs comptes habitués à relayer de fausses informations, le syndicaliste aurait été retrouvé mort ce jeudi matin à l’École de gendarmerie, où il serait détenu avec certains de ses camarades. D’autres publications vont jusqu’à évoquer un supposé « assassinat par le gouvernement d’Abidjan ».
Pour étayer ces accusations graves, les auteurs de la rumeur republient une capture d’écran montrant le sergent Madjou Glé Henri Joël, secrétaire général du SYNABEPAM, accompagnée d’émoticônes en pleurs et de messages alarmistes.
Cette nouvelle intox intervient dans un contexte marqué par des tensions sociales persistantes entre les autorités et les agents des Affaires maritimes, après la grève réprimée du lundi 8 juin 2026.
Alors que le ministère a rappelé dans un communiqué que sept des neuf points de revendications portés par le syndicat avaient déjà fait l’objet d’un accord global, cette publication cherche manifestement à instrumentaliser le climat de tension né du mouvement social. Elle tente de faire croire à une exécution extrajudiciaire ou à un drame survenu en détention.
Démenti officiel
Face à la propagation de cette rumeur susceptible de troubler gravement l’ordre public, le Ministère délégué chargé des Affaires maritimes a rapidement réagi sur ses canaux de communication officiels.
« Cette information est fausse. Il s’agit d’une rumeur qui circule », a indiqué l’institution, invitant « chacun à faire preuve de vigilance et à se référer aux sources officielles avant de partager des informations ».
Le sergent Madjou Glé Henri Joël, ainsi que la vingtaine de syndicalistes interpellés en début de semaine à la suite du mouvement de grève jugé illégal par les autorités, sont donc bien vivants.
Récidive
D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que ce conflit social fait l’objet de campagnes de désinformation. Dès le déclenchement de la grève, le lundi 8 juin, plusieurs publications malveillantes avaient tenté de faire passer ce mouvement corporatiste pour une crise sécuritaire majeure.
Des comptes et pages activistes avaient alors diffusé de faux messages évoquant une prétendue « mutinerie militaire incontrôlable » à Abidjan, en associant abusivement l’image du sergent Madjou Glé à des photographies de soldats lourdement armés.
La fausse annonce du décès du responsable syndical s’inscrit ainsi dans la continuité de cette première vague de désinformation. Elle participe à la diffusion d’un récit alarmiste visant à accréditer l’idée d’un climat de chaos ou d’instabilité politique en Côte d’Ivoire. Une affirmation qui, à ce stade, ne repose sur aucun élément factuel vérifiable.



