Le PDCI-RDA a rappelé mercredi les règles encadrant les prises de parole au nom du parti, au lendemain d’une réaction du PPA-CI aux déclarations de son cadre Yohou Dia Houphouët Augustin sur l’échec du Front commun de l’opposition.
Dans un communiqué signé par le secrétaire exécutif en chef, Yapô Calice, la direction du PDCI-RDA souligne que les déclarations de ses militants ou sympathisants « ne sauraient » être automatiquement considérées comme la position officielle du parti.
Le parti rappelle son attachement à la liberté d’expression. « Tout militant ou responsable du PDCI-RDA demeure libre de s’exprimer en son nom propre et sous sa responsabilité », précise le document.
Mais cette liberté ne permet pas, selon la direction, de parler au nom de la formation sans y avoir été autorisé.
Le PDCI-RDA rappelle ainsi que, conformément à l’article 39 de ses statuts, seul le président représente le parti dans les actes de la vie civile et politique. D’autres responsables peuvent toutefois s’exprimer au nom de la formation lorsqu’ils y sont mandatés.
La mise au point intervient alors que Dia Houphouët est au centre d’un échange tendu avec le PPA-CI sur les raisons de l’échec du Front commun.
Dia Houphouët charge le PPA-CI
Invité du média Actupeople, Dia Houphouët avait affirmé s’être fortement investi dans cette alliance entre le PDCI-RDA et le PPA-CI, malgré leurs différences idéologiques et leurs cultures politiques distinctes.
Il avait notamment évoqué une « déception » et dénoncé une rupture de confiance entre les deux formations.
Selon lui, les deux partis s’étaient accordés pour poursuivre leur combat à travers les élections législatives après le rejet de plusieurs candidatures de responsables de l’opposition. Il reproche ensuite au PPA-CI d’avoir modifié sa stratégie sans en informer suffisamment tôt la direction du PDCI-RDA.
« Nous ne pouvons donc pas accepter que les cadres du PDCI-RDA et son Président apprennent à la télévision qu’une décision ou une orientation a changé », avait-il déclaré.
De retour au pays, il a remis le couvert en affirmant qu’il ne se laissera pas « marcher dessus », tout en évoquant de possibles « déballages ».
Ses propos avaient provoqué une réaction de Dano Djédjé, cadre du PPA-CI. Celui-ci avait notamment mis en avant les résultats électoraux de Dia Houphouët à Yopougon pour contester son poids politique personnel.
L’affaire avait fait la Une de plusieurs journaux ivoiriens le 1er septembre, certains titrant sur un PDCI-RDA et un PPA-CI « à couteaux tirés », tandis que d’autres s’interrogeaient sur « Qui a trahi qui ? ».
Le PPA-CI prend ses distances
Le PPA-CI avait déjà réagi mardi à la polémique. Dans un communiqué signé par sa porte-parole, Me Habiba Touré, le parti avait affirmé entretenir avec la direction du PDCI-RDA des relations fondées sur « le respect, la confiance et la responsabilité ».
Le parti de Laurent Gbagbo avait surtout tenu à distinguer les propos de Dia Houphouët de ceux de la direction du PDCI-RDA.
« M. Dia Houphouët n’étant ni le Président, ni le Porte-parole du PDCI-RDA, ses déclarations n’engagent que lui », avait écrit le PPA-CI.
La formation avait également refusé d’entrer dans des « controverses personnelles » et dans les annonces de possibles « révélations » évoquées par le responsable du PDCI-RDA.
La direction du PDCI-RDA vient à son tour de rappeler cette distinction, sans répondre directement aux accusations formulées contre le PPA-CI.
La parole du parti encadrée
Dans son communiqué, le PDCI-RDA va plus loin en précisant les conditions dans lesquelles un responsable peut s’exprimer officiellement au nom de la formation. Sont notamment habilités le secrétaire exécutif, chef du Secrétariat exécutif, le porte-parole du président et le porte-parole du parti.
Tout autre militant doit, selon le document, disposer d’un mandat du président portant sur un sujet précis.
La direction met également en garde contre l’utilisation sans autorisation du logo, du sigle, des couleurs, du papier à en-tête ou d’autres attributs officiels du PDCI-RDA. Les pratiques visant à donner à une opinion personnelle « l’apparence d’une position officielle du Parti » pourront, prévient-elle, être considérées comme frauduleuses et faire l’objet de poursuites.
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Cette mise au point intervient dans un contexte de fortes tensions autour de l’ancien Front commun, créé en 2025 par le PDCI-RDA et le PPA-CI pour coordonner une partie de leur opposition au pouvoir.
Les deux formations ont depuis adopté des stratégies différentes, notamment sur les élections législatives.



