06272022Headline:

Soudan du Sud: de nouveaux moyens pour mieux lutter contre le paludisme

Au Soudan du Sud, c’est un pas de plus dans la lutte contre le paludisme qui s’est opéré, le mardi 17 mai, alors que le ministère de la Santé a officiellement reçu un nouvel outil de formation. Il s’agit d’une « malaria slides bank », c’est-à-dire, en français, une « collection de lames sur la malaria » dont le but est de former les Sud-Soudanais à la détection des différentes formes de paludisme au microscope.

Avec notre correspondante à Juba, Florence Miettaux

C’est une petite armoire à tiroirs qui contient des centaines de lamelles de verre transparent qu’on place sous la lentille d’un microscope pour faire des examens. Sur ces lames ont été fixées des échantillons sanguins infectés par les différentes espèces du parasite Plasmodium, responsable de la malaria. Grace à elles, des techniciens de laboratoire pourront ainsi être formés à la détection des différentes formes de paludisme au microscope. Ce projet, porté par l’ONG Amref Health Africa, a également abouti à la certification de six techniciens sud-soudanais par l’Organisation mondiale de la santé pour la première fois.

Le paludisme est l’une des premières causes de mortalité au Soudan du Sud, du fait d’un accès aux soins limité et d’un manque d’équipements ainsi que de personnels qualifiés.

Samuel Modi connaît bien les failles du système de santé sud-soudanais où, faute de mieux, les diagnostics sont souvent posés à partir des symptômes des patients.

Défenseur des traitements basés sur l’analyse au microscope, il fait partie des techniciens de laboratoire désormais habilités à dispenser des formations: « Cette formation nous a appris à distinguer les différents types de paludisme. Je vais former d’autres collègues au laboratoire à diagnostiquer la malaria correctement. En commençant par la préparation des lames, la coloration, l’examen et le comptage des parasites ».

Les formateurs vont désormais tester les compétences des techniciens de laboratoire dans le pays car, pour traiter la malaria de façon efficace, encore faut-il savoir de quel type de paludisme il s’agit.

« Le paludisme est très complexe car si vous n’identifiez pas l’espèce, le médecin aura du mal à traiter le patient. Ensuite, il y a la densité. L’analyse microscopique peut permettre de compter les parasites. Si la parasitémie est élevée, le médecin va ajuster son traitement pour sauver le patient. Donc, ces lames vont être utilisées pour améliorer la compétence et augmenter la capacité de diagnostic du Soudan du Sud », explique Michael Lasuba Lokore, directeur par intérim du Laboratoire de santé publique du Soudan du Sud

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