Le jeudi 29 juillet 2026, l’Institut de Formation et d’Éducation Féminine (IFEF) de Bonoua a abrité une séance d’information décisive. Initiée par le Collectif des Activistes de Côte d’Ivoire (CACI), cette rencontre a permis à une centaine de femmes de prendre conscience de leurs droits et des recours existants pour briser le silence face aux violences.
Intitulée « Connaître ses droits et dénoncer les violences basées sur le genre », cette campagne a réuni 101 participants, dont 100 femmes, dans une dynamique d’échange et d’apprentissage. L’objectif était clair : fournir aux communautés les clés pour identifier, dénoncer et combattre efficacement les violences basées sur le genre (VBG).
Le Sud-Comoé, une zone prioritaire
Le choix de Bonoua n’est pas le fruit du hasard. Selon l’Annuaire statistique 2025 du Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, la région du Sud-Comoé pointe à la deuxième place nationale avec 222 cas enregistrés de violences
psychologiques et émotionnelles, juste derrière le district d’Abidjan.
Face à ce constat, le CACI a choisi d’accompagner une prise de conscience déjà en marche : les populations délaissent de plus en plus les arrangements à l’amiable au profit des voies institutionnelles et légales.
Fin du « victim-blaming » et Tolérance Zéro
Portée par un panel d’experts — dont Irad Gbazalé (présidente de l’ONG Femmes en Action), Chrislaure Kouadmio (psychologue clinicienne) et Eva Helena Amegboh (coordinatrice du CACI) —, la sensibilisation s’est voulue percutante et sans détour :
« L’auteur d’un viol sait toujours sciemment ce qu’il fait. N’excusez pas, n’excusez plus les auteurs de violences. Aucun vêtement ne justifie une agression. »
— Eva Helena Amegboh, coordinatrice du CACI.
Les intervenantes ont fermement dénoncé la culture de la culpabilisation de la victime (victim-blaming). Aucune tenue, aucun comportement, aucune colère ni prétendue maladie mentale ne peut légitimer un acte de violence ou une agression sexuelle.
Famille, éducation et devoir citoyen
L’événement, qui s’est déroulé en présence de Claire Touré (directrice de l’IFEF) et de Bienvenue Bationo (représentant d’AmplifyChange), a également abordé le rôle central du noyau familial :
L’éducation inclusive : Revoir les schémas éducatifs en inculquant aux garçons, dès le plus jeune âge, les mêmes valeurs de respect, de responsabilité et de non-violence qu’aux filles.
Le courage familial : Un hommage a été rendu aux mères, épouses ou sœurs qui bravent le poids des traditions pour dénoncer des proches coupables d’agressions.
Le devoir d’alerte : Les participants ont été formés aux outils de signalement, notamment la ligne verte gratuite et confidentielle : le 1308.
Ressorties armées et remobilisées, plusieurs participantes ont exprimé leur désir d’aller plus loin, plaidant pour un accès accru à des formations axées sur l’autonomie économique — levier fondamental pour sortir durablement des cycles de violence.


