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Côte d’Ivoire : Le bilan du Conseil National de Sécurité (CNS) sur l’orpaillage illégal

Le 23 juillet 2026, le Conseil National de Sécurité de la Côte d’Ivoire a dressé le bilan de la lutte contre l’orpaillage illégal. Les actions du Groupement Spécial de Lutte contre l’Orpaillage Illégal (GS-LOI), créées en 2021, ont permis des résultats significatifs.

Plus de 8 500 sites déguerpis, 4 474 individus déférés, 960 millions de francs CFA et 136 kilogrammes d’or saisis , l’extension du phénomène sur l’ensemble du territoire reste préoccupante. Face à cette réalité, l’ONG Opinion Éclairée, qui œuvre pour les droits des femmes, des filles et des jeunes, a pris la parole . Elle appelle les autorités à intégrer une analyse féministe dans les politiques de lutte, en soulignant que les femmes rurales payaient un lourd tribut à cette activité illicite.

Des actions gouvernementales et les impacts persistants
Le Chef de l’État a donné des directives pour renforcer les mesures étatiques : responsabilisation des autorités administratives, traditionnelles et coutumières, collaboration avec les pays d’origine des orpailleurs illégaux, et application stricte des lois répressives . Ces orientations témoignent d’une prise de conscience des autorités ivoiriennes. Pourtant, l’ orpaillage illégal continue de prospérer, avec des conséquences désastreuses sur l’environnement, la sécurité nationale et l’économie. Pour l’ONG Opinion Éclairée, cette persistance s’explique en partie par une approche trop exclusivement répressive, qui néglige les dimensions sociales et environnementales du fléau. « L’orpaillage illégal impose aux femmes rurales un triple fardeau : celui de la pauvreté, des impacts climatiques et du patriarcat », souligne l’organisation, qui appelle à une justice climatique féministe.

Les femmes, premières victimes de l’orpaillage clandestin
Les études disponibles confirment cette vulnérabilité. Une recherche menée par des chercheurs de l’Université Peleforo Gon Coulibaly a révélé les conséquences sociales de l’orpaillage clandestin : exploitation sexuelle, insécurité alimentaire, et précarité accumulée pour les femmes, qui sont majoritaires dans ce secteur. Une étude de 2016 de l’ONG Action pour la Protection des Droits de l’Homme (APDH) avait déjà alerté sur les dangers liés à l’utilisation du mercure et du cyanure, qui dégradent les sols et les rendent impropres à l’agriculture, privant les femmes rurales de leurs moyens de subsistance.

Dans ce contexte, le nouveau code de l’environnement ivoirien, adopté en 2023, a introduit des mesures spécifiques pour prendre en compte les enjeux de genre face aux risques écologiques. L’Objectif de Développement Durable 5 des Nations Unies, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’Égard des Femmes, et l’Agenda 2063 de l’Union Africaine imposent un suivi rigoureux des indicateurs sociaux et économiques liés aux femmes. Autant d’instruments que l’ONG Opinion Éclairée appelle à mobilisateur.

L’appel à une justice inclusive
L’ONG demande aux autorités ivoiriennes, aux collectivités et aux partenaires techniques et financiers de prendre en compte trois priorités : reconnaître et genrer l’impact de l’orpaillage en intégrant une analyse féministe dans toutes les politiques, protéger et protéger les communautés accordées en accordant une priorité d’accès aux femmes chefs de famille et aux coopératives agricoles, et garantir la participation des femmes, des filles et des jeunes à toutes les décisions relatives à la gestion des ressources minières et à l’adaptation climatique.

« Nous nous opposons à un modèle extractif qui sacrifie les droits des femmes et les écosystèmes », affirme Laure Nesmon PIE, présidente de l’ONG.
La position qui ne s’oppose pas au développement, mais qui en propose une autre vision, plus inclusive et durable. L’orpaillage illégal en Côte d’Ivoire est un problème complexe qui ne saurait se réduire à une question de sécurité et de répression. Il touche à des enjeux environnementaux, sociaux et de genre, qui exigent une approche globale et féministe. L’appel de l’ONG Opinion Éclairée rappelle que les femmes rurales, premières victimes de ce fléau, doivent être au cœur des solutions. Dans un pays où la lutte contre l’orpaillage illégal est une priorité nationale, la prise en compte de cette dimension pourrait faire la différence entre une répression aveugle et une justice durable, respectueuse des droits humains et des écosystèmes.

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