04292026Headline:

Paludisme: les innovations face aux résistances du parasite

Face à cela, deux nouvelles moustiquaires ont été mises au point, BPO Nets et G2, qui combinent un pyréthroïde avec un autre produit, pyriproxyfène ou chlorfénapyr. Là où la première a été déployée, « la mortalité due au paludisme a reculé de 40 % », souligne le Dr Corine Karema, directrice générale par intérim du Partenariat pour faire reculer le paludisme (Roll back Malaria).

Les chercheurs de l’Imperial College de Londres ont aussi mesuré une baisse du paludisme dans les cinq pays où la deuxième a été testée (Cameroun, Côte d’Ivoire, RDC, Tanzanie et Togo).

Nouvelles moustiquaires, nouvelle prophylaxie infantile
L’inconvénient de ces nouvelles moustiquaires, c’est qu’elles sont chères. L’OMS et Unitaid travaillent avec les compagnies pharmaceutiques pour faire baisser leurs coûts de production à mesure que le marché se développe. Encore importées en Afrique, elles pourraient à terme être produites localement.

Du côté des traitements, une nouvelle méthode plus simple d’administration est prônée pour les enfants de moins de 5 ans (86% des victimes du paludisme) dans les régions sahéliennes où le parasite est très saisonnier.

La chimio-prévention saisonnière (CPS) consiste en un traitement de trois jours, pendant quatre mois, juste avant la saison pluvieuse.

« Elle a donné de très bons résultats au Sénégal et au Burkina Faso, avec une baisse de la prévalence du paludisme dans les communautés »,explique le Dr Karema.

Distribuée à large échelle, depuis 2020, cette prophylaxie a été adoptée en 2021 par 13 pays d’Afrique dont le Bénin, le Niger etRésultat de trente années de recherche, deux vaccins ont été mis au point pour les enfants de moins de 5 ans. Le RTS,S développé par GSK, premier vaccin antipaludique de l’histoire, homologué par l’Organisation mondialeanté (OMS), doit être administré en quatre doses, la première année, avec ensuite un rappel par an.

« Déjà mis en œuvre dans trois pays d’Afrique (le Ghana, le Kenya et le Malawi), il a fait l’objet d’une demande à l’Alliance du vaccin Gavi de la part de 21 États du continent pour une mise en œuvre l’an prochain », le temps de préparer la logistique et de sensibiliser leur population. Gavi a pu mobiliser 160 millions de dollars, de 2022 à 2025.

Autre sérum prometteur, le R21 Matrix-M, conçu par Novavax pour induire une plus grande réponse des anticorps au parasite.

« Il a été testé au Burkina Faso et est efficace à 75% après 12 mois chez les enfants ».

Toujours en phase d’étude (en deuxième phase de test sur quatre au total), il n’a pas encore été approuvé par l’OMS, mais deux pays, le Ghana et le Nigeria, n’ont pas attendu ce feu vert pour l’approuver de leur propre chef. Ces États ont des structures de régulation bien implantées et ont probablement été motivés par les promesses du groupe pharmaceutique d’installer une usine de fabrication au Ghana et de donner des doses au Nigeria.

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