La Société Générale, dernière banque française en Guinée, cède sa filiale au groupe Atlantic Financial Holding dirigé par Bernard Dossongui Koné.
Cette vente représente un tournant majeur dans l’histoire de la banque en Guinée et vise à revitaliser une économie actuellement en récession. Koné Dossongui, bien implanté dans le secteur bancaire ouest-africain avec Atlantic Financial Bank, continue ainsi son expansion dans la région.
Un retrait progressif des banques françaises en Afrique
Le départ de la Société Générale de Guinée s’inscrit dans une tendance plus large, marquant la fin de la présence de grandes banques françaises telles que le Crédit Lyonnais et BNP dans le secteur bancaire guinéen. Cette cession reflète le retrait progressif des groupes français en Afrique francophone, confrontés à une concurrence croissante de la part d’acteurs africains ainsi que chinois, turcs et moyen-orientaux.
Bernard Koné Dossongui, ancien ministre en Côte d’Ivoire, est désormais un acteur influent dans les affaires, avec des investissements dans l’agro-industrie, la téléphonie mobile, et les finances. Bien que la vente soit confirmée, des incertitudes subsistent concernant l’impact sur l’emploi. Bien que la nouvelle entité soit régie par la réglementation bancaire guinéenne, il demeure flou si cette acquisition entraînera des pertes ou des gains d’emplois. Toutefois, la Société Générale assure que tous les employés et les opérations seront repris par Atlantic Financial Holding, suggérant une certaine stabilité.
Un secteur bancaire dominé par des investisseurs étrangers
Le paysage bancaire guinéen demeure majoritairement sous le contrôle d’investisseurs étrangers, malgré plusieurs tentatives infructueuses de créer des banques à capitaux locaux. La Banque Africaine de Développement Agricole et Minier (BADAM), fondée en 2010 par des entrepreneurs guinéens avec le soutien de l’État, est un exemple malheureux de mauvaise gestion, ayant conduit à sa liquidation en 2011.
La finalisation de la transaction est attendue pour mars 2025, sous réserve de l’approbation des autorités réglementaires. Ce développement marque le début d’un nouveau chapitre pour la Guinée, avec l’entrée d’un acteur majeur de la finance ouest-africaine sur la scène locale.



