
À l’occasion d’un bureau politique le 6 septembre au siège du parti à Abidjan, le président du RPP, le professeur Tiémoko Doumbia, a déclaré que la Côte d’Ivoire se trouvait à « la fin d’un cycle générationnel » qui doit ouvrir la voie à « de nouveaux enjeux ».
« La démocratie telle qu’exercée depuis un bon moment est devenue obsolète », a-t-il affirmé, dénonçant « le culte de la personnalité, la xénophobie, le tribalisme et la mauvaise gouvernance ».
“Ni pour la violence, ni pour les injustices”
Le responsable politique a souligné que son parti, fondé sur les valeurs de « paix, progrès et partage », privilégiait le dialogue plutôt que la confrontation.
« Nous ne sommes ni pour la violence ni pour les injustices, notamment l’exclusion des uns et des autres au jeu politique, car ceci pourrait entraîner une énième crise regrettable et douloureuse à notre pays », a averti M. Doumbia.
À un mois du scrutin présidentiel, des figures majeures comme l’ancien président Laurent Gbagbo, le président du PDCI, Tidjane Thiam, ou l’ex-Premier ministre Guillaume Soro ont vu leur participation au processus électoral contestée ou bloquée, alimentant de vives tensions.
Le RPP estime qu’un scrutin sans consensus autour de la participation de tous les acteurs « manquerait de légitimité » et risquerait de fragiliser la stabilité du pays. Son président plaide donc pour une concertation nationale afin d’aboutir à un scrutin « juste et transparent ».
« La Côte d’Ivoire, notre très cher pays, est notre bien à tous. Les intérêts donc du pays et du peuple ivoirien doivent être au-dessus des intérêts personnels, mieux au-dessus de tout, a insisté Tiémoko Doumbia. C’est pourquoi nous proposons le report des élections présidentielles pour mettre en place ce dialogue, un dialogue vrai et sincère qui aboutira à l’organisation d’un scrutin électoral juste et transparent », a-t-il ajouté.
“Occuper chaque espace du terrain”
Le Rassemblement pour la Paix, le Progrès et le Partage (RPP) a été fondé en 2009 par Laurent Dona Fologo, ancien président du Conseil économique et social. Le parti s’est voulu dès l’origine une force de proposition centrée sur la paix et le dialogue, dans un pays marqué par plusieurs crises politico-
Son président actuel, le professeur titulaire en Socio-économie du développement Tiémoko Doumbia, a été élu à sa tête en octobre 2023 lors du 3ᵉ congrès électif, avec 99,95 % des voix. Depuis, le RPP concentre ses efforts sur son implantation à l’intérieur du pays et sur la participation aux plateformes de dialogue politique, notamment le RAP-CI et la CAP-CI, qui regroupent plusieurs formations d’opposition et du centre.
Dans son discours lors de ce Bureau politique, le dirigeant a mis en avant les progrès d’implantation du parti, qui revendique aujourd’hui une base militante en forte croissance, surtout à l’intérieur du pays. Il a exhorté ses partisans à « occuper chaque espace du terrain » en vue des prochaines échéances législatives et municipales. « Personne ne nous accordera une parcelle de pouvoir. Le RPP doit prendre son destin en main », a-t-il lancé.
Le parti prévoit dans les prochains mois de réaménager son projet de société pour le présenter au peuple ivoirien. L’objectif affiché est de s’affirmer comme une alternative crédible, capable de conquérir des mairies, des sièges de députés et, à terme, de présenter un candidat à la présidentielle de 2030.


