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Cameroun: L’opposition fait bloc contre Paul Biya et choisit le candidat Issa Tchiroma Bakary

Au Cameroun, c’est désormais l’image d’une opposition qui dialogue et dépasse ses égos. Ce sacerdoce l’a amené à s’unir derrière Issa Tchiroma Bakary pour faire face à Paul Biya. La désignation d’un candidat consensuel change la donne chez l’opposition à quelques semaines de la présidentielle du 12 octobre 2025.
Au Cameroun, le paysage politique camerounais est animé par ce rassemblement au sein de l’opposition. Le samedi 13 septembre, Issa Tchiroma Bakary a été désigné candidat consensuel parmi les onze prétendants de l’opposition, à l’issue des travaux du groupe de facilitateurs nommé Union pour le Changement 2025 anciennement le Groupe de Douala.

Issa Tchiroma Bakary pour l’unité contre le pouvoir
Issa Tchiroma Bakary est un acteur politique bien connu au Cameroun. Ancien ministre et porte-parole du gouvernement, il a longtemps été un allié du pouvoir avant de rejoindre les rangs de l’opposition et de prendre la tête du Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC). Sa nomination résulte d’un long processus de discussions menées pour tenter d’unifier les forces dissidentes face au président sortant Paul Biya, au pouvoir depuis plus de quarante ans. Malgré cette désignation, les dix autres candidats de l’opposition n’ont pas encore renoncé à leur candidature.

Le groupe facilitateur souligne d’ailleurs qu’il reste en contact avec chacun d’eux afin de « mutualiser les énergies » et renforcer la capacité collective à faire front commun. Cette dynamique est clé dans un contexte politique caractérisé par la division et la dispersion des voix.
Le 10 septembre, lors d’une conférence de presse à Yaoundé, Cabral Libii, candidat lui aussi à la présidentielle, s’est adressé directement à ses concurrents plus âgés notamment Issa Tchiroma Bakary, Bello Bouba Maigari et Akere Muna, tous dans la soixantaine ou la soixantaine avancée. Libii les a invités à « se mettre ensemble » afin de présenter une candidature commune capable de rassembler et de représenter une réelle alternative à Paul Biya. Dans ses propos, Cabral Libii avait fait preuve de solidarité, afin de proposer un projet de changement crédible.

Sa récente tournée dans le nord du Cameroun l’a convaincu que ce territoire, souffrant de conditions économiques difficiles, pourrait être décisif dans la bataille électorale. Il insiste aussi sur l’importance d’une surveillance renforcée du scrutin, notamment via la publication transparente des procès-verbaux, pour limiter les risques de fraude et garantir la légitimité du vote. Ce rappel à la cohésion et à la vigilance traduit les inquiétudes partagées parmi les opposants sur la capacité du pouvoir en place à compromettre la transparence du processus électoral.

Un front commun autour d’un dialogue assumé
Dans ce cadre, un geste politique fort a été observé vendredi 12 septembre : Maurice Kamto, président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), a reçu Issa Tchiroma Bakary à son domicile dans un esprit de dialogue et de concertation. Kamto, figure majeure de l’opposition, a salué ces échanges qu’il a qualifiés de « francs et cordiaux », montrant ainsi la volonté d’établir un front uni face à Paul Biya. Pour Issa Tchiroma Bakary, cette visite s’inscrit dans un contexte politique sensible, marqué par des « injustices électorales » et des pressions visant à affaiblir les forces du changement.

Le communiqué officiel de sa campagne, publié le même jour, qualifie cette rencontre d’« acte de respect et de solidarité », et souligne l’importance de soutenir Maurice Kamto, présenté comme une figure injustement éliminée de la course électorale. Ce choix distille la nature des tensions internes au sein de l’opposition, mais aussi sa capacité à construire des ponts pour renforcer la concertation. Cette démarche est évoquée comme un « pas supplémentaire vers la construction d’un front commun indispensable pour conduire le Cameroun vers une authentique transition démocratique ».
Paul Biya, qui dirige le Cameroun depuis longtemps, est confronté à une opposition qui tente de dépasser ses divisions historiques. La désignation d’Issa Tchiroma Bakary incarne cette volonté de rassembler, même si la concurrence reste vive, avec de multiples candidatures toujours en lice. L’opposition doit désormais réussir à conjuguer ambitions personnelles et besoins collectifs pour espérer peser sur cette élection.

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