04292026Headline:

“Nicolas Sarkozy est très inquiet de la situation en Côte d’Ivoire”, selon Robert Bourgi

Robert Bourgi affirme que Nicolas Sarkozy suit de près la crise politique ivoirienne. L’ancien président français serait « très inquiet » des tensions liées à l’exclusion de figures majeures de l’opposition de la présidentielle.

L’avocat franco-libanais Robert Bourgi, personnalité bien connue pour ses relations dans les cercles politiques en France et en Afrique, s’est exprimé samedi 12 septembre dans l’émission Décrypter l’Afrique, animée par le journaliste Théophile Kouamouo. Interrogé sur la perception en France de la récente décision du Conseil constitutionnel ivoirien, il a affirmé que l’ancien président français Nicolas Sarkozy suivait de près l’évolution de la situation politique en Côte d’Ivoire et exprimait de fortes inquiétudes.

“Il est très inquiet”
Le 8 septembre, la juridiction suprême a validé cinq candidatures pour l’élection présidentielle prévue le 31 octobre, dont celle du président sortant, Alassane Ouattara, en lice pour un quatrième mandat. Plusieurs figures majeures de l’opposition ont été écartées, parmi lesquelles l’ancien chef de l’État Laurent Gbagbo, l’ex-Premier ministre Guillaume Soro, Charles Blé Goudé et l’ex-patron du Crédit Suisse Tidjane Thiam. Une décision irrévocable qui a ravivé les tensions politiques. Les partisans des candidats recalés dénoncent une compétition verrouillée et appellent à faire barrage à un nouveau mandat d’Alassane Ouattara.

« Pas plus tard qu’hier, j’ai échangé avec Nicolas Sarkozy. Il est très inquiet de la situation en Côte d’Ivoire. Toute la classe politique en France est préoccupée par la mise à l’écart de Tidjane Thiam et de Laurent Gbagbo. Ce n’est pas de nature à favoriser un climat de paix », a déclaré Robert Bourgi.
Le nom de Nicolas Sarkozy reste intimement lié à l’accession au pouvoir d’Alassane Ouattara en 2011. À l’issue de la crise postélectorale née du duel entre Laurent Gbagbo et Ouattara, Paris avait été l’une des premières capitales à reconnaître la victoire du candidat du RDR, validée par l’ONU. L’opération Licorne, menée par les forces françaises aux côtés de l’ONUCI, avait joué un rôle déterminant dans l’arrestation de Laurent Gbagbo en avril 2011 et l’installation effective d’Alassane Ouattara au palais présidentiel. Nicolas Sarkozy avait justifié cette intervention par la nécessité de protéger les civils et de faire respecter le verdict des urnes, tandis que ses opposants y voyaient une ingérence.

Depuis, l’ancien chef de l’État français a été définitivement condamné en décembre 2024 à un an d’emprisonnement ferme, sous bracelet électronique, dans l’affaire des écoutes. Mais selon Bourgi, Nicolas Sarkozy conserve une influence politique significative en France malgré ses démêlés judiciaires. « Hier encore, il a reçu le Premier ministre en exercice. Cela montre bien qu’il reste à l’écoute et toujours en contact avec les plus hauts responsables », a-t-il souligné.

“Le monde a changé en quinze ans”
Proche de l’ancien président français, Robert Bourgi a laissé entendre qu’un nouveau soutien de Sarkozy à Ouattara n’était pas envisageable. « Il est très ami du président Ouattara, mais il ne placera jamais cette amitié au-dessus de l’intérêt supérieur de la Côte d’Ivoire », a-t-il insisté.

Évoquant le rôle joué par Sarkozy en 2010-2011, l’avocat a jugé que les circonstances actuelles ne pouvaient en aucun cas être comparées à celles de l’époque. « Il n’y a plus d’armée française en Côte d’Ivoire. Si erreurs il y a eu dans le passé, d’un côté comme de l’autre, elles ne se reproduiront pas », a-t-il affirmé, avant d’ajouter : « Le monde a changé en quinze ans. Nous sommes à l’époque de l’instantanéité de l’information. »

Nicolas Sarkozy n’est pas, selon lui, le seul responsable politique français à s’intéresser à la situation ivoirienne. « Un homme comme le président (François) Hollande est à l’écoute. Un homme comme (Jean-Luc) Mélenchon est à l’écoute. Un homme comme M. Lecornu, le nouveau Premier ministre, est à l’écoute. Et encore plus le Président de la République française, Emmanuel Macron », a conclu Robert Bourgi, tout en rappelant l’importance des liens humains et économiques entre la France et la Côte d’Ivoire.

Pour l’heure, ni Nicolas Sarkozy ni des représentants de la classe politique française n’ont confirmé les propos rapportés par Bourgi. Mais la sortie de ce dernier s’ajoute aux signaux envoyés par plusieurs observateurs internationaux sur la nécessité de garantir une compétition politique apaisée en Côte d’Ivoire à l’approche du 25 octobre 2025.

 

What Next?

Recent Articles