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Congo : Sassou Nguesso et 6 autres candidats en lice pour la présidentielle du 15 mars 2026

Pendant que l’opposition se mobilise très intensément autour des thèmes de gouvernance et de corruption, la Cour constitutionnelle du Congo a rendu son verdict à Brazzaville. Sur les dossiers déposés pour l’élection présidentielle du 15 mars, 7 candidatures ont été jugées conformes aux exigences légales, après examen des pièces administratives et des conclusions du collège médical.

La campagne peut désormais s’ouvrir, avec déjà la gouvernance comme principal thème de débat. Ils seront donc 7 à briguer la magistrature suprême. Parmi eux, des visages nouveaux et des figures déjà connues de la scène politique congolaise. Le président sortant Denis Sassou Nguesso, candidat à sa propre succession, est en tête de liste. En face, six candidats de l’opposition entendent bien lui contester le suffrage des Congolais.

Nouveaux venus et habitués de la présidentielle
Le dépôt des candidatures avait été clôturé jeudi 12 février à minuit par la direction générale des affaires électorales (DGAE). Outre le chef de l’État sortant, six autres personnalités ont fait acte de candidature. Parmi eux, Joseph Kignoumbi Kia Mboungou, député et président du parti « La Chaîne », et Anguios Nganguia Engambé, président du Parti pour l’Action de la République. Uphrem Dave Mafoula se présente pour la deuxième fois consécutive après l’élection présidentielle de 2021. Trois nouveaux venus complètent la liste : Vivien Romain Manangou, enseignant universitaire ; Mélaine Destin Gavet Elengo, présidente du Mouvement Républicain (MR) ; et Zinga Mabio Mavoungou, ancien député. La Cour constitutionnelle avait jusqu’au 28 février pour valider ces candidatures. La campagne électorale doit obligatoirement s’ouvrir à cette date et s’achever le 13 mars, deux jours avant le scrutin.

L’opposition sur le thème de la gouvernance
Plusieurs candidats de l’opposition ont d’ores et déjà placé leur campagne sous le signe de la lutte contre la corruption et de l’amélioration de la gouvernance. Melaine Destin Gavet Elengo, qui participe pour la première fois à une présidentielle, fait de la justice indépendante sa priorité. « Pour moi la justice est une priorité parce qu’aujourd’hui, qu’est-ce que nous reprochons au pouvoir actuel ? C’est l’endormissement, c’est l’impunité, c’est la corruption et tous ces maux peuvent être résolus à travers une justice indépendante efficace, détachée de l’exécutif », a-t-il déclaré. Et d’ajouter : « Aujourd’hui la justice est esclave de l’exécutif. Lorsque le Président de la République est en même temps président du Conseil de la magistrature et son ministre de la justice est vice-président de ce même conseil, c’est ce conseil qui fait et défit les carrières des magistrats. » Dave Mafoula, candidat pour la deuxième fois, abonde dans le même sens. « La corruption persistante affaiblit les institutions, détourne des ressources vitales et alimente les inégalités à l’encontre des principes de justice et d’équité », a-t-il fait valoir.

Un classement peu flatteur pour le Congo
Ces positions trouvent un écho particulier dans les classements internationaux. Selon l’indice 2025 de Transparency International, la République du Congo est classée 153e sur 182 pays en matière de perception de la corruption. Ce rang place le pays parmi les moins bien notés du continent africain. Un tel indicateur donne du poids aux critiques de l’opposition sur la gestion des affaires publiques. La bonne gouvernance, la transparence et la lutte contre la corruption devraient donc structurer une grande partie des débats de cette campagne. Face à ces critiques, Denis Sassou Nguesso a choisi pour l’instant une posture d’apaisement. Dans ses premières déclarations depuis la validation de sa candidature, le chef de l’État sortant a appelé au respect des règles démocratiques et au fair-play. « Le suffrage de chaque Congolaise et de chaque Congolais participe de notre ambition collective de bâtir une nation unie, libre et prospère », a-t-il déclaré. « J’en appelle à une élection apaisée dans l’unité, le fair-play et la sérénité dans l’intérêt du Congo notre pays, notre précieux bien commun. » Le président sortant, qui brigue un nouveau mandat, mise sur la stabilité et la paix, des thèmes qui ont fait son succès lors des examens précédents.

À 82 ans, Denis Sassou Nguesso est au pouvoir depuis 1979, à l’exception d’une brève période entre 1992 et 1997. Il a été réélu en 2016 et 2021.
Deux principaux partis d’opposition n’ont pas présenté de candidats pour cette élection. L’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS) et l’Union des démocrates humanistes (UDH-Yuki) ont choisi de ne pas participer à la formation. Cette décision interroge sur la stratégie de ces formations politiques, qui dispose pourtant d’une assise électorale non négligeable. Leur absence pourrait profiter aux candidats de l’opposition présents dans la course, mais aussi au président sortant qui verra ainsi l’opposition divisée face à lui. La campagne officielle n’a pas encore débuté, mais les grandes lignes des programmes se dessinent déjà. D’un côté, le président sortant mettra en avant la stabilité et la continuité. De l’autre, les six candidats de l’opposition tentent de capitaliser sur le mécontentement lié à la corruption et aux difficultés économiques. À quelques semaines du examen du 15 mars, la bataille des idées est donc lancée. Bonne gouvernance, lutte contre la corruption, stabilité et paix : ces thématiques devraient structurer les débats jusqu’au jour du vote. Laquelle de ces priorités parlera le plus aux électeurs congolais, appelés aux urnes pour choisir celui qui dirigera le pays pour les cinq prochaines années.

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