Le Fonds africain de développement (FAD) a approuvé une subvention de 9,57 millions de dollars destinée à renforcer les capacités de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) à faire face aux urgences de santé publique, notamment les épidémies zoonotiques, le choléra et les crises nutritionnelles.
Approuvé le 3 mars, ce financement soutiendra le projet de systèmes de santé résilients pour la préparation aux urgences, une initiative régionale visant à améliorer la surveillance épidémiologique, les possibilités de diagnostic et la réponse aux urgences sanitaires dans l’ensemble de la SADC.
Les volets principaux du projet comprennent la formation de 449 agents de santé selon des approches tenant compte du genre et adaptées aux réalités climatiques, le renforcement des capacités de gestion des urgences nutritionnelles, la constitution d’un vivier durable de spécialistes en gestion des crises sanitaires, ainsi que la modernisation des laboratoires de diagnostic et de surveillance environnementale dans six pays.
Le projet prévoit également la modernisation de l’Institut national de santé du Mozambique pour lui conférer le statut de laboratoire de référence régional, le renforcement de la banque nationale de sang du Lesotho, et la mise en place d’un cadre régional pour les laboratoires transfrontaliers, y compris une unité mobile destinée à être déployée à des points stratégiques aux frontières du Mozambique et du Zimbabwe.
Kennedy Mbekeani, directeur général de la Banque africaine de développement pour l’Afrique australe, a indiqué que cet investissement visait à remédier à la « fragilité persistante » des systèmes de santé de la SADC.
« Cette opération vise à remédier à la fragilité persistante des systèmes de santé de la SADC, qui restent vulnérables aux épidémies zoonotiques et au choléra, aux taux élevés de malnutrition, aux ressources humaines insuffisantes et à une préparation aux urgences lacunaire », a-t-il précisé.
Le projet est censé améliorer la détection précoce des foyers épidémiques, renforcer la coordination entre les pays et réduire les délais de réponse aux urgences : des faiblesses structurelles qui ont longtemps favorisé la propagation rapide des maladies au-delà des frontières.
Les gouvernements de la SADC ont de plus en plus mis l’accent sur la nécessité de solutions régionales concertées, notamment face à l’intensification des catastrophes liées au changement climatique. La nouvelle subvention vise à achever les efforts nationaux en créant des infrastructures et une expertise communes, mobilisables rapidement en situation de crise.
Cette décision intervient alors que les pays de la SADC continuent de faire face à des épidémies récurrentes imputables à la fragilité de leurs systèmes de santé, aux chocs climatiques et à des capacités de laboratoire saturées. La région est aux prises depuis 2023 avec des vagues successives de choléra, auxquelles s’ajoutent des menaces zoonotiques croissantes telles que la fièvre de la Vallée du Rift et l’anthrax.
Les inondations, les destructions causées par les cyclones, l’urbanisation accélérée et la faiblesse des infrastructures d’eau et d’assainissement ont accru le risque de transmission transfrontalière, suscitant des appels pressants à un renforcement de la préparation régionale aux crises sanitaires.



