05092026Headline:

Présidentielle au Congo: Joseph Kignoumbi Kia a postulé , marquant sa cinquième candidature consécutive

Il est de tous les scrutins. Joseph Kignoumbi Kia Mboungou, né le 10 octobre 1952 à Pointe-Noire, s’est officiellement lancé dans la course à la présidentielle de mars 2026. C’est la cinquième fois consécutive que le président du parti La Chaîne tente sa chance pour la magistrature suprême. Déjà candidat en 2002, 2009, 2016 et 2021, il connaît par cœur le chemin qui mène aux urnes. Mais cette fois, assure-t-il, le discours a changé.

Dans son fief de Sibiti, dans le département de la Lékoumou, le candidat a donné le ton de sa campagne avec un slogan qui résume son ambition : « Gouverner autrement ». Devant ses militants, il défend une ligne claire, celle d’une rupture avec les pratiques actuelles, qu’il juge responsables de la situation économique et sociale difficile que traverse le Congo.

Un diagnostic sévère sur l’état du pays
Pour Joseph Kignoumbi Kia Mboungou, l’heure n’est plus aux discours convenus. Il dresse un constat sans concession de la situation nationale. Avec un endettement qui atteint 96 % du PIB et des tensions sociales récurrentes, le pays, selon lui, ne peut plus continuer sur sa lancée. « Nous avons notre raison d’avoir été candidats pour une énième fois. L’objectif, c’est finalement d’être désigné pour conduire les affaires du Congo demain. Gouverner autrement veut dire simplement changer de cap. Ce qui est fait actuellement, nous le connaissons en tant que Congolais. Nous savons tous que les choses ne vont pas bien. La situation est très difficile, notamment pour les Congolais que nous sommes. Si nous ne changeons pas la manière de faire, malheureusement les choses vont s’empirer , a-t-il lancé à ses partisans. Un discours qui trouve un écho particulier dans un pays où les difficultés du quotidien, manque d’emplois, coupures d’électricité récurrentes, cherté de la vie, alimentent un mécontentement latent.

La diversification économique comme priorité
L’opposant fait de la question économique le cœur de son programme. Il critique vertement le modèle actuel, trop dépendant des hydrocarbures. Le pétrole représente aujourd’hui plus de 60 % des recettes budgétaires du Congo. Une dépendance qui, selon lui, fragilise l’économie du pays et le rend vulnérable aux chocs extérieurs. « Gouverner autrement, c’est-à-dire changer la manière de faire, notamment notre économie qui n’est assise qu’essentiellement sur le pétrole. Est-ce qu’il faut laisser la situation perdurer ? Non. C’est pour ça que nous disons gouverner autrement, ça veut dire qu’il faut diversifier l’économie, », insiste-t-il. Son projet de société met un accent particulier sur le développement de l’agriculture, secteur longtemps négligé mais qui pourrait, selon lui, créer des emplois et réduire la dépendance alimentaire du pays. Une manière de sortir du « tout pétrole » qui a montré ses limites, notamment lorsque les cours de l’or noir s’effondrent.

Une campagne de terrain au plus près des populations
À Sibiti, ville située à 320 kilomètres de Brazzaville, le candidat à la présidentielle congolaise du 15 mars 2026 a lancé sa campagne avec la conviction que l’alternance est possible. Mais il sait qu’il lui faut convaincre au-delà de son bastion. Depuis le début du mois de mars, il sillonne le sud du pays pour porter son message. Le 2 mars, il était à Mouyondzi, dans le département de la Bouenza. Au programme : visite du marché central, rencontre avec les militants au siège de son parti, et entretiens avec les autorités locales. Une démarche qu’il veut fondée sur la proximité et le respect des institutions. Dans les allées animées du marché, au milieu des étals colorés, il est allé à la rencontre des mamans commerçantes, ces « piliers de l’économie locale ». Un bain de foule qui lui permet de prendre le pouls de la population et d’écouter les préoccupations concrètes des citoyens. Le lendemain, direction Nkayi, toujours dans la Bouenza. Là, malgré une pluie imminente, la population a investi la place du meeting dès les premières heures. Preuve, selon ses partisans, de l’attachement des habitants à sa candidature et de l’espoir qu’elle suscite.

Un message d’unité et de justice sociale
Dans ses discours, Joseph Kignoumbi Kia Mboungou insiste sur trois thèmes qui lui sont chers : l’unité nationale, la cohésion sociale et l’égalité entre tous les Congolais. Des valeurs qu’il oppose à ce qu’il présente comme les travers du pouvoir actuel. À Mouyondzi comme à Nkayi, il dénonce les difficultés du quotidien : le chômage des jeunes, qu’il juge « criant », et les perturbations récurrentes de l’électricité, qu’il considère comme un frein majeur au développement économique et social. Des problèmes concrets qui touchent directement la population et sur lesquels il fonde son discours de rupture. Sa tournée dans la Bouenza a également été marquée par une série de visites institutionnelles. À la sous-préfecture de Mouyondzi, puis à la mairie, le candidat a tenu à marquer son respect pour les cadres administratifs locaux. Une manière d’envoyer un signal sur sa conception de l’action publique : inclusive, structurée et ancrée dans les réalités territoriales. Cinq fois candidat à la présidentielle, député de Sibiti 2, Joseph Kignoumbi Kia Mboungou connaît mieux que personne les problèmes des Congolais. Son long engagement politique lui a permis de mesurer l’évolution des attentes populaires et d’affiner son programme au fil des scrutins. Son parti, La Chaîne, reste une formation modeste dans le paysage politique congolais, dominé par le Parti congolais du travail (PCT) du président Denis Sassou Nguesso. Mais l’opposant mise sur la constance et la proximité pour exister. Sa campagne dans le sud du pays, méthodique et humaine, témoigne de cette stratégie.

Cinq fois candidat à la présidentielle, député de Sibiti 2, Joseph Kignoumbi Kia Mboungou connaît mieux que personne les problèmes des Congolais.
L’élection présidentielle de mars 2026 s’annonce décisive pour l’avenir politique du Congo. Denis Sassou Nguesso, au pouvoir depuis 1979 (avec une parenthèse entre 1992 et 1997), brigue un nouveau mandat. Face à lui, une opposition plurielle mais dispersée tente de faire entendre sa voix. Joseph Kignoumbi Kia Mboungou, avec son discours de rupture économique et sa présence récurrente sur la scène politique, incarne une certaine continuité dans l’opposition. Reste à savoir si, cette fois, il parviendra à transformer l’essai et à rassembler au-delà de son électorat traditionnel. Ses passages à Mouyondzi, Nkayi, Dolisie et Sibiti montrent en tout cas une volonté de quadriller le terrain. Le candidat de La Chaîne ne ménage pas ses efforts, convaincu que l’écoute et le dialogue restent les fondements d’un engagement politique crédible et durable. Reste désormais à attendre le verdict des urnes. Dans un pays où les scrutins ont rarement souri à l’opposition, Joseph Kignoumbi Kia Mboungou joue une fois de plus sa partition. Avec l’espoir, cette fois, que la musique change.

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