À peine une semaine après son élection à la tête du Conseil national des droits de l’homme (CNDH), Christian Adjelou fait face à une série de controverses. En cause : son appartenance revendiquée au Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), jugée incompatible avec les exigences d’indépendance liées à sa nouvelle fonction.
Enseignant-chercheur et juriste de renom, Dr Christian Adjelou a été porté à la tête du Conseil national des droits de l’homme (CNDH) le 24 mars 2026, succédant à Namizata Sangaré. À ses côtés figurent Bamba Drissa, du MIDH, désigné vice-président, et Dr Arsène Néné, secrétaire exécutif.
De vives réactions
Cette élection a néanmoins suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux. Des internautes ont rappelé les prises de position passées du nouveau président, notamment sur NCI, où il revendiquait son engagement au sein du RHDP, le parti du président Alassane Ouattara.
« La FIDHOP partage les critiques et réserves de nombreux Ivoiriens quant à l’appartenance assumée du Dr Christian Adjelou au RDR/RHDP, selon les propres déclarations de celui-ci », a réagi l’organisation dans un communiqué, jugeant « problématique » la désignation d’un président marqué politiquement à la tête d’une institution comme le CNDH.
La FIDHOP qui est très engagée dans la défense, la protection et la promotion des Droits de Homme, de façon objective, regrette le choix politique des Autorités ivoiriennes de mettre un militant de leur parti a la tête d’une institution telle que le CNDH
« La FIDHOP qui est très engagée dans la défense, la protection et la promotion des Droits de Homme, de façon objective, regrette le choix politique des Autorités ivoiriennes de mettre un militant de leur parti a la tête d’une institution telle que le CNDH », regrette la FIDHOP.
L’organisation rappelle que les « Principes de Paris », cadre international de référence en matière d’institutions nationales des droits de l’homme, exigent une indépendance totale vis-à-vis du pouvoir politique. À cela s’ajoute la loi ivoirienne n°2018-900 du 30 novembre 2018, dont l’article 16 stipule que le président du CNDH doit être reconnu pour sa probité et son impartialité.
« Sans préjuger de la personnalité de M. Adjelou, son engagement politique soulève des interrogations légitimes », estime la FIDHOP, qui craint un impact négatif sur la crédibilité des futures enquêtes et des rapports de l’institution, tant au niveau national qu’international.
Tout en saluant le renouvellement de la commission centrale du CNDH, l’organisation appelle à un geste fort du nouveau président. Une démission du RHDP constituerait, selon elle, un signal de nature à assurer l’opinion publique et à restaurer la confiance.
Passation de relais au CNDH : Namizata Sangaré cède sa place au juriste Adjelou Christian
« À moins que, dans la mesure où le régime Ouattara ne permettrait pas de reprendre l’élection à la tête du CNDH, connaissant le fonctionnement de ce régime, le Dr Adjelou lui-même ferait amende honorable en rendant obligatoire sa démission du RDR/RHDP et en travaillant surtout à susciter la confiance des populations ivoiriennes, pour les droits dont le CNDH existe », a-t-elle préconisé. À défaut, la FIDHOP prévient qu’elle jugera le mandat de Christian Adjelou « à l’épreuve des faits ».



