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Tunisie: Kaïs Saïed a intensifié ses directives concernant la gestion des déchets

L’intervention du président Kaïs Saïed au sujet de la gestion des déchets est révélatrice de défaillances persistantes dans les services locaux.

Le président tunisien Kaïs Saïed a appelé à une intensification immédiate et continue des opérations de collecte des déchets, lors d’un entretien tenu le 27 mars 2026 avec le ministre de l’Intérieur Khaled Nouri. Cette prise de position intervient alors que plusieurs régions du pays connaissent des dysfonctionnements récurrents dans la gestion des déchets, devenus un marqueur visible des difficultés administratives locales.

L’insistance du chef de l’État sur la nécessité d’une action « jour et nuit » traduit une volonté de rompre avec les campagnes ponctuelles, souvent suivies de retours rapides à des situations d’accumulation. En creux, cette directive met en évidence l’absence de mécanismes durables et structurés au niveau des collectivités, pourtant en première ligne sur ce type de service public essentiel.

Le ton adopté par Kaïs Saïed souligne également une centralisation accrue du pilotage. Le président a déploré devoir intervenir personnellement pour identifier les zones les plus touchées, sur la base de plaintes citoyennes. Cette implication directe, inhabituelle à ce niveau de responsabilité, reflète les limites des circuits administratifs intermédiaires et la difficulté à assurer un suivi opérationnel efficace.

Le rejet de l’argument lié au manque d’équipements constitue un autre point de friction. En questionnant la disponibilité intermittente des moyens logistiques, le chef de l’État met en cause la gestion des ressources plutôt que leur volume. Cette lecture suggère des problèmes d’organisation et de gouvernance, plus que de simples insuffisances matérielles.

Par ailleurs, l’appel à sanctionner immédiatement toute défaillance administrative marque un durcissement du discours présidentiel. Cette orientation s’inscrit dans une logique de responsabilisation verticale, visant à restaurer l’efficacité de l’action publique dans un contexte où la qualité des services de base demeure un enjeu majeur pour la population.

Enfin, en refusant d’imputer la situation aux citoyens, Kaïs Saïed cherche à rééquilibrer le discours public. La mobilisation spontanée d’habitants dans certaines opérations de nettoyage est mise en avant comme preuve d’un engagement civique encore présent, malgré un climat général marqué par la lassitude.

Au final, cette séquence illustre les tensions persistantes dans la gestion locale en Tunisie, où l’intervention directe du sommet de l’État tend à pallier des fragilités structurelles, sans garantir pour autant une amélioration durable des services urbains.

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