L’axe routier dépendant d’Ouragahio à Bayota puis à Sinfra se trouve aujourd’hui dans un état de dégradation très avancé, au grand désarroi des populations et des nombreux usagers qui l’empruntent quotidiennement. Considérée comme une voie stratégique pour les échanges économiques et les déplacements dans cette partie du centre-ouest de la Côte d’Ivoire, cette route est désormais devenue un véritable parcours du combattant.
D’importantes détériorations
Sur plusieurs tronçons, la chaussée présente d’importantes détériorations. Nids-de-poule profonds, affaissements, crevasses béantes et portions complètement dégradées rendent la circulation particulièrement difficile. Les conducteurs sont contraints de réduire considérablement leur vitesse et de multiplier les manœuvres d’évitement pour contourner les obstacles, au risque de provoquer des accidents.
Pour les transporteurs, la situation devient de plus en plus intenable. Les véhicules de transport en commun, les mini-cars, les camions de marchandises ainsi que les poids lourds figurent parmi les plus affectés par cette dégradation avancée de la route. Entre pannes mécaniques répétées, usure accélérée des véhicules et retards fréquents, les professionnels du transport peinent à maintenir leurs activités dans des conditions acceptables.
Cette route est devenue un véritable calvaire
« Cette route est devenue un véritable calvaire. Nous enregistrons souvent des pannes et les véhicules s’usent rapidement. Les clients se plaignent également du temps de trajet », déplore Sylla Mamadou, conducteur de mini-car, visiblement excédé par l’état de l’axe.
Même constat chez Bamba Lamine, conducteur de poids lourd, qui souligne la gravité de certaines portions devenues presque impraticables. « Nous sommes obligés de rouler très lentement pour éviter d’endommager davantage nos camions. Parfois, nous restons bloqués pendant plusieurs heures », explique-t-il.
Le ras-le-bol des voyageurs
Les passagers, eux aussi, subissent les conséquences directes de cette dégradation. Entre secondes incessantes, inconfort prolongé et allongement considérable du temps de trajet, les voyageurs expriment leur ras-le-bol. « Les voyages sont très éprouvants entre les secondes et la durée du voyage qui augmente. Nous exigeons une réhabilitation urgente », plaide Marie-Ange Zahoui, passagère.
Au-delà des désagréments liés à la mobilité, les répercussions économiques sont également importantes. Les commerçants et opérateurs économiques dénoncent une hausse des coûts de transport ainsi que des perturbations dans l’approvisionnement des marchés. « Le transport est devenu plus coûteux et l’approvisionnement est régulier à cause de l’état de la route », explique Diallo Abdoulaye, commerçant.
L’évacuation des produits vivriers et des récoltes vers les grands centres urbains devient de plus en plus difficile
Cette situation affecte particulièrement les activités agricoles, principales sources de revenus dans cette zone. L’évacuation des produits vivants et des récoltes vers les grands centres urbains devient de plus en plus difficile, entraînant des pertes pour les producteurs et une baisse de la fluidité des échanges commerciaux.
À cela s’ajoute une autre préoccupation majeure : l’insécurité. Plusieurs usagers signalent une recrudescence des cas de braquages sur cet axe. Selon eux, la lenteur imposée par l’état de la route expose davantage les voyageurs et les transporteurs aux attaques de coupeurs de route , accentuant le climat d’inquiétude.
Un appel pressant lancé aux autorités compétentes
Face à cette situation jugée alarmante, les populations, les transporteurs et les opérateurs lancent un appel pressant aux autorités économiques compétentes. Ils demandent une réhabilitation urgente de l’axe Ouragahio–Bayota–Sinfra, ainsi qu’un renforcement du dispositif sécuritaire sur ce corridor stratégique.
Pour les usagers, une intervention rapide des services en charge des infrastructures routières et des forces de sécurité s’impose afin de préserver les activités économiques, garantir la sécurité des personnes et des biens, et éviter une dégradation encore plus critique de cette route essentielle au développement local.




