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“L’insulte du luxe”: A Abidjan le cadeau d’une BMW à 111 000 000 FCFA crée un malaise

À Abidjan, une publication sur les réseaux sociaux a mis le feu aux poudres. Le maire de la commune d’Adjamé, Soumahoro Farikou, a offert un véhicule de grand standing, estimé à plus de 100 millions de francs CFA, à l’homme d’affaires Toure Ahmed Bouah. Depuis, l’affaire secoue l’opinion nationale.

Tout commence par un post Facebook daté du 5 mai. Sur les clichés, on aperçoit Toure Ahmed Bouah, rayonnant, aux côtés du premier magistrat d’Adjamé. Derrière eux, une imposante BMW X7 rutilante de couleur blanche. Le texte qui accompagne les images ne laisse aucune place au doute.

 

« C’est avec une immense joie et une profonde reconnaissance que je souhaite exprimer ma gratitude au maire de la commune d’Adjamé, M. Soumahoro Farikou. C’est un honneur pour moi d’avoir reçu la toute dernière BMW X7 en cadeau », écrit le bénéficiaire pour exprimer sa gratitude.

« Ce geste généreux témoigne non seulement de son engagement envers les citoyens, mais aussi de sa vision pour un avenir meilleur dans notre communauté », poursuit-il.

« L’insulte du luxe »
Si le ton est à la fête pour l’opérateur économique, très vite, la publication suscite des interrogations. Plusieurs internautes dénoncent un symbole de décalage avec les réalités sociales vécues par une partie des habitants de la commune populaire d’Adjamé. D’autres s’interrogent sur l’origine des fonds ayant servi à l’acquisition du véhicule.

La polémique a pris une tournure politique après la réaction de la direction de communication du Dr Ahoua Don Mello, cadre politique ivoirien. Dans un communiqué diffusé ce 8 mai, son équipe condamne ce qu’elle qualifie « d’insulte du luxe face à la misère d’Adjamé ».

« À une heure où les populations ivoiriennes font face à des défis économiques majeurs, de tels actes constituent une insulte à nos concitoyens, dont la majorité vit dans la précarité, surtout ceux de la commune d’Adjamé », peut-on lire dans le document.
Le communiqué affirme également que « la valeur marchande de ce véhicule à Abidjan est estimée entre 107 500 000 FCFA et plus de 111 800 000 FCFA ». Pour les signataires, le silence autour des motivations de ce présent alimente les soupçons.

« Quel acte, resté secret, possède une telle valeur qu’il nécessite d’être payé au prix de cent millions de francs issus, directement ou indirectement, du patrimoine public ? », s’interroge la direction de communication.

Le camp Don Mello appelle désormais la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance (HABG) à se saisir du dossier afin de « faire toute la lumière sur l’origine des fonds ayant servi à une telle acquisition ».

En Côte d’Ivoire, où la lutte contre la corruption et le gaspillage des ressources publiques est un sujet sensible, ce dossier pourrait devenir le symbole d’une gouvernance jugée clientéliste par ses opposants.

À ce stade, aucune réaction officielle du maire Soumahoro Farikou n’a été rendue publique concernant les accusations et interrogations soulevées par cette affaire.

 

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