L’Agence de promotion de l’inclusion financière (APIF-CI) a officiellement lancé ce jeudi 7 mai 2026, un ambitieux projet visant à réduire la fracture financière entre villes et campagnes, avec pour objectif l’ouverture de 5 000 comptes, en 12 mois, dans trois régions clés du pays.
Malgré des avancées notables ces dernières années, l’accès aux services financiers reste un défi majeur pour les populations rurales en Côte d’Ivoire. En 2024, le taux d’inclusion en zone rurale plafonnait à 51%, contre 69% en ville. De même, un écart de 11 points persiste entre les hommes (65%) et les femmes (54%).
Pour corriger ces disparités, l’APIF-CI, en partenariat avec le Programme d’amélioration du climat des Affaires (PACA-CI) et avec l’appui de la Banque africaine de développement (BAD), a initié le « Projet d’appui à l’inclusion financière en milieu rural et à la transformation digitale des Systèmes financiers décentralisés (SFD) ».
Le projet cible prioritairement les régions du Moronou, du N’Zi et du Sud Comoé. Ces zones, bien que dotées d’un fort potentiel pour la digitalisation des paiements, souffrent encore d’une faible densité de services financiers formels.
Sur les 5 000 comptes dont l’ouverture est visée, les objectifs de mixité sont clairs : 80% des comptes devront être détenus par des jeunes de 18 à 35 ans (voire plus) et 40% seront réservés aux femmes, a souligné Esaïe Diei, directeur général d’Afrinovatech.
Esaïe Diei, membre du groupement exécutant le projet aux côtés de Mediasoft et Lafayette, a dit que l’accent sera mis sur les jeunes entrepreneurs et travailleurs. L’idée étant de créer des comptes actifs, connectés aux solutions de mobile money, pour faciliter l’épargne et les transactions.
Lors de l’atelier de lancement du projet d’appui à l’inclusion financière en milieu rural et à la transformation digitale des Systèmes financiers décentralisés, Gala Kouamé, représentant le ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, a rappelé le chemin parcouru.
Il a rappelé que grâce à la Stratégie nationale d’inclusion financière 2019-2024, le taux d’inclusion financière global de la Côte d’Ivoire a bondi, passant de 41% en 2017 à 58% en 2024. La monnaie électronique a été le moteur de cette croissance, atteignant un taux d’utilisation de 84,2%.
Pour combler ce fossé, le projet mise sur la modernisation technique des SFD (micro finances), en les dotant d’outils numériques performants, a dit Patrice Brou, directeur par intérim de l’APIF-CI, ajoutant que l’initiative espère bâtir de véritables « passerelles d’inclusion économique et sociale ».
Patrice Brou a fait observer que les disparités sont liées à la faible présence des institutions financières dans certaines zones du pays, à des offres inadaptées et à un manque de ciblage visant les populations les plus défavorisées.
Touré Nina Bintou, représentante du coordonnateur du PACA-CI, s’est félicitée de ce que cet atelier marque une étape concrète et importante dans la mise en œuvre, sur le terrain, des projets portés par l’APIF. La rencontre a réuni des Fintech, des SFD et des acteurs du secteur.
Elle a salué l’engagement de la Banque africaine de développement (BAD), partenaire stratégique de la Côte d’Ivoire, dont l’accompagnement contribue à la mise œuvre de réformes et d’initiatives structurantes en faveur du développement du secteur privé.
Ce projet, exécuté par le Groupement Mediasoft, Lafayette et Afrinovatech, devrait permettre d’accélérer la digitalisation des paiements et d’autres types de services financiers, renforcer les capacités techniques des SFD et assurer une synergie entre les acteurs publics-privés
Cette initiative s’inscrit dans les orientations du Programme national de développement (PND 2026-2030) en matière de transformation digitale, de développement du capital humain, de modernisation du secteur financier et de promotion de la croissance inclusive.



